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Red Star OS : le système d’exploitation informatique nord-coréen

L’OS, Operating System ou système d’exploitation, en français, représente l’ensemble des programmes qui pilotent les différents composants de l’ordinateur, tels que le disque dur, l’écran ou le processeur et permet de faire fonctionner les différents périphériques, tels que la carte graphique, la souris ou le clavier. C’est un facilitateur pour l’utilisateur puisqu’il fait l’interface entre ce dernier et l’ordinateur et se charge de rendre la machine opérationnelle, lors du démarrage. Les OS les plus connus sont Windows (Microsoft), Linux, Unix et MacOS (Apple).

Alors que les ordinateurs nord-coréens fonctionnaient sous Windows avant 2002, c’est à cette date que le régime a décidé de développer son propre système d’exploitation, nommé « Red Star ». Ce système d’exploitation n’est utilisé qu’à l’intérieur du pays. Il comporte entre autres un navigateur internet, nommé « Naenara » (signifiant « mon pays »), une suite bureautique (Sogwang Office, un équivalent d’Open Office) un outil de chiffrement de données et un antivirus. On peut dire qu’aujourd’hui, Red Star est un véritable clone d’OS X, alors que l’interface de la version 2.5 ressemblait auparavant à une interface Windows. Mais seulement quelques centaines de milliers de personnes, sur les 25 millions d’habitants, ont accès aux ordinateurs dans le pays.

Interface Red Star OX

La version 3.0 de Red Star est disponible depuis 2015 et permet au régime de contrôler les activités des internautes sur les ordinateurs. Le navigateur web offre un accès limité et filtré aux informations habituellement accessibles sur internet et le système surveille les personnes s’échangeant des fichiers jugés illégaux par le gouvernement.

Les périphériques amovibles sont la voie privilégiée pour les opposants au régime qui souhaitent se partager des informations. Mais, alors qu’il était possible de les utiliser sans trop de risques avec les anciennes versions du système d’exploitation, il est désormais possible pour le régime de détecter ces périphériques, d’intercepter les données, de savoir d’où elles proviennent et même de les supprimer de l’ordinateur où elles ont été chargées. En effet, selon les chercheurs allemands Niklaus Schiess et Florian Grunow, qui ont pu analyser ce système, à chaque fois qu’une clé USB contenant des fichiers multimédias est branchée à un ordinateur équipé de ce système, une marque unique et invisible leur est apposée afin de savoir qui a transféré des fichiers, et quand. L’antivirus quant à lui, se charge d’effacer ces fichiers indésirables pour le régime, car seules les personnes en possession d’un certificat spécifique délivré par un service de sécurité nord-coréeen ont le droit de lire les clés USB.

D’autre part, l’antivirus et le pare-feu sont impossible à désactiver et tout changement fait au code du système d’exploitation est détectable. Toute action allant dans ce sens entraîne un redémarrage immédiat de l’ordinateur, ou rend la machine inutilisable.

Cependant, la Corée du Nord n’est pas le seul pays à avoir son propre système d’exploitation indiscret. D’autres pays, comme Cuba ou la Chine disposent également de systèmes d’exploitation de type Linux, qui servent d’espions pour le gouvernement.

 

M.V-L

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