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Quantify Me, quand les bracelets connectés vous veulent du bien…

Les années se suivent et se ressemblent : le mois de janvier reste indéniablement le mois des bonnes résolutions. Beaucoup d’entre nous ont certainement encore décidé que cette nouvelle année serait l’année du sport et d’une alimentation plus saine et équilibrée… Il semblerait que cette résolution soit désormais plus facile à tenir. Comment ? Grâce aux objets connectés et à l’émergence du Quantified Self et des bracelets connectés. 

Le quanti quoi ?

Le Quantified Self ou QS est un mouvement permettant à chaque personne de mesurer ses données personnelles, de les analyser mais aussi de les partager grâce à des objets connectés. On peut également parler de Self Tracking pour désigner cette pratique.

Ce mouvement est, comme beaucoup de tendances high-tech, né aux Etats-Unis. Gary Wolf et Kevin Kelly, deux éditeurs du magazine Wired ont lancé en 2007 les premières rencontres entre utilisateurs et fabricants d’outils dédiés au suivi des données personnelles. Le QS a même été présenté par Gary Wolf en 2010 lors d’une conférence TED.

Bien que depuis 2000, de nombreux français utilisent “l’auto-mesure” au quotidien, c’est au mois de mars 2013 que le mouvement Quantified Self s’est sérieusement organisé autour de MyDataLabs, une association centrée sur les données personnelles.

L’intérêt du Quantified Self est d’apprendre à mieux connaître son corps grâce au suivi de certaines données liées à l’activité physique quotidienne.

Les motivations des adeptes sont parfois très diverses :

  • des raisons purement médicales (se surveiller de prêt et /ou créer des liens sociaux avec des personnes souffrant des mêmes symptômes / maladies)
  • se comparer aux autres afin de s’auto-évaluer et se challenger
  • perdre du poids / retrouver la forme
  • diminuer sa consommation de tabac ou d’alcool

L’explosion des bracelets connectés

2014 sera l’année du Quantified Self ou ne sera pas !

La récupération des données est réalisée grâce à des objets connectés en tous genres. Aujourd’hui, ce sont les bracelets connectés qui ont le vent en poupe avec parmi les plus connus : le Nike+ FuelBand, FitBit Flex ainsi que le Jawbone Up (v2, la version 1 ayant été un échec cuisant).

Ce dernier fait désormais figure de must-have et j’ai la chance de l’avoir reçu en cadeau à Noël ! Je considère ce cadeau comme une chance car ce petit objet coûte quand même la bagatelle de 130€.

Avec son design élégant (chic même avec une robe de soirée pour le réveillon de la Saint Sylvestre), il permet de récupérer, de visualiser et d’analyser des données de diverses activités quotidiennes : pas effectués, distances parcourues, temps de sommeil et qualité de celui-ci, calories brûlées, suivi de l’alimentation…

Mais alors au quotidien, comment vit-on avec un bracelet connecté ? Un bracelet connecté digne de ce nom doit savoir se faire oublier. En effet, pour récupérer les données les plus pertinentes, il faut pouvoir porter son bracelet 24/7 afin qu’il ne manque rien de notre quotidien.

Sur ce premier aspect, le JawBone Up est parfait. Ce bracelet s’apparente en effet plus à un bijou qu’à un podomètre !

Une fois ce condensé de technologies au poignet, il suffit de télécharger l’application disponible sur iOS et Androïd et de se laisser guider.

Il existe un mode jour pour calculer l’activité physique, un mode nuit pour surveiller la qualité de son sommeil. Ces deux fonctions s’enclenchent directement sur le bracelet via un bouton très discret.

Depuis l’application, il est possible de programmer des réveils (tout en sachant que le JawBone Up vous réveillera en vibrant au meilleur moment, sous entendu, un peu avant l’heure à laquelle vous avez programmé votre alarme tant que vous êtes dans une période de sommeil léger). Le JawBone Up n’oubliera également pas de vous rappeler de bouger (toujours en vibrant) s’il vous trouve inactif trop longtemps et sera également très utile pour vous réveiller après une courte sieste ou pour chronométrer une activité physique intense.

Enfin, le JawBone Up peut-être synchronisé avec de nombres application comme la très célèbre RunKeeper : les données du bracelet sont alors croisées à celles enregistrées par votre smartphone lors de l’activité et inversement.

 

Une synchronisation avec l’application Up au réveil, une synchronisation au moment de se coucher, une mise en charge (environ 80 minutes) tous les 10 jours, le bracelet connecté se laisse très facilement oublier pour faire son travail.

 La question des données personnelles

Le Quantified Self récupère des données très intimes car relatives à la forme physique des utilisateurs, à leur santé, leur nutrition etc.

Ainsi, on peut se demander si partager toutes ses données est vraiment sans risque…

Le partage des données est essentiel dans la mécanique de QS. En effet, le partage des dashboards représente une réelle motivation dans l’accomplissement voir dans le dépassement de soi. On ne veut pas risquer de passer pour une personne faible qui ne sait pas remplir ses objectifs.

Par exemple, si je signale à mes amis que je me remet au sport (jogging ou vélo), je vais leur prouver ma réelle motivation en leur envoyant les comptes-rendu de mes activités que ça soit en les publiant sur mon wall Facebook, sur Twitter ou même en les envoyant par mail… L’important est de partager les expériences afin de ne pas être seul dans l’effort et de se sentir soutenu par une communauté ou par ses amis.

On imagine bien que la récupération de ces genres de données ultra-personnelles et intimes va rapidement devenir une mine d’or pour les fabricants d’objets connectés et les éditeurs d’applications mais que ces données vont également s’arracher à prix d’or par les annonceurs.

On sait que certains éditeurs sont d’ores et déjà sollicités par certaines enseignes d’équipements sportif afin de cibler au mieux leurs clients. Ces données peuvent également s’avérer très utiles pour le marché de la publicité en ligne (notamment pour le Real Time Bidding).

Plus précieuses que les données que nous renseignons de notre plein gré sur internet, les données relevées par ces objets connectés ont un réel potentiel économique qui n’est pas sans danger. Cela pourrait se révéler dramatique si des données concernant notre tension ou notre rythme de sommeil étaient communiquées à nos assureurs ou employeur…

Nous pouvons aussi craindre des excès à trop se surveiller… On imagine bien que ce genre de produits peut aggraver certain cas d’anorexie ou de troubles de l’alimentation, lorsque la perte de poids et l’alimentation tournent à l’obsession…

Ce qu’en dit la CNIL…

La CNIL ou commission nationale de l’informatique et des libertés met déjà en garde les premiers adeptes des bracelets connectées et de leur application. En effet la CNIL recommande :

  • d’utiliser, si possible, un pseudonyme pour partager les données
  • de ne pas automatiser le partage des données vers d’autres services (notamment vers les réseaux sociaux)
  • de ne publier les données qu’en direction de cercles de confiance
  • d’effacer ou de récupérer les données lorsqu’un service n’est plus utilisé

Cet organisme nous rappelle également que la frontière est souvent floue entre l’univers médical et le simple bien être et que des données anodines pour une personne lambda peut en fait révéler beaucoup d’informations à un médecin ou un spécialiste.

Pour conclure…

Pour être devenue « adepte » du Quantified Self, il est, de mon point de vue, tout à fait intéressant de pouvoir suivre son activité quotidienne sur des dashboards. Les bracelets connectés se font très vite oublier et nous pouvons vivre notre vie tout en ayant toujours, quand bon nous semble, un regard sur nos statistiques personnelles afin de répondre à un mélange de curiosité et de challenge personnel.

Plus sérieusement, ce genre de dispositif n’en est qu’à ses balbutiements et on peut imaginer que dans quelques années nous arriverons à atteindre l’utopie de certains docteurs à savoir la médecine 4P pour tous : Prédictive, Préventive, Personnalisée et Participative.

L’échange d’informations personnelles voire intimes permettra de mieux se comprendre soi-même mais également d’améliorer la vie de sa communauté et des personnes malades grâce à des opérations de prévention mais aussi grâce à un soutien psychologique personnalisé pour les personnes qui partagent les mêmes pathologies.

Il s’agit donc, comme souvent avec les nouvelles technologies, de prendre le soin de verrouiller ces informations personnelles dans la mesure du possible et de les partager uniquement aux bonnes personnes.

On note que le partage des informations aux bonnes personnes est d’autant plus important si l’on utilise le dernier tracker en date : le Sex Counter. En effet, puisque l’on peut tout quantifier, une entreprise a mis sur le marché un accéléromètre monté sur un anneau pénien. L’ère du Quantified Sex ? En plus d’améliorer les sensations lors du rapport, un compteur tourne à chaque coup de rein et on peut ainsi déterminer la quantité de calories dépensées lors de ses ébats… A tester ?!

4 Comments

  1. networkzone

    C’est très intéressant !! Mais pour ma part, il y a certaines limites de ma vie que j’aimerai ne pas « connecté » (comme quand je dors par exemple)

  2. Manon

    Fini les K de kellogs !! C’est vraiment un outil très complet !! Merci pour toutes ces infos et ton enthousiasme qui m’a vraiment donné envie de posséder un tel objet !

  3. lbretschger

    Sachant que l’avenir comporte une multiplication des objets connectés, la cohérence d’an appareils avec des appareils existants sur le marché est pertinent de nos jours !

  4. […] utilisateurs à tracker leur rythme cardiaque, la tension, etc. dans la lignée du phénomène du quantified self donc ! Les rumeurs les plus folles prédisent que la montre connectée puissent prévenir des […]

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