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La voiture autonome : un nouvel eldorado ?

Google, Volvo, BMW, PSA-Renault….ils se sont tous lancés dans le développement des voitures autonomes. Avec son projet secret “Titan”, Apple s’y intéresserait aussi. Pour quelles raisons le véhicule sans chauffeur séduit-il autant qu’il divise ? Nous avons enquêté.

 

Le secteur automobile, un vivier pour l’innovation

Comme l’automobile révolutionnait la mobilité dès le 18ème siècle, la voiture autonome apparaît comme l’innovation technologique de notre époque.

Lancée au Japon dans les années 70, avec une vitesse maximale de 30 km/h, le véhicule autonome intéressa les constructeurs automobiles dans les années 2000. L’objectif était simple : pouvoir à terme conduire sans conducteur et réduire le nombre d’accidents sur la route. 90% d’entre eux seraient aujourd’hui directement liés à une erreur humaine. Un “risque” qui pourrait être réduit avec la voiture autonome.

 

Des voitures testées avec succès

Aujourd’hui, il n’est pas un seul constructeur automobile qui ne s’intéresse au véhicule autonome. Pour le cabinet IHS Automotive, les voitures sans conducteur pourraient représenter 9% du marché mondial en 2035 et presque 100% en 2050. L’enjeu est donc de taille.

Alors que Tesla, Google et d’autres constructeurs ont testé avec succès leurs véhicules, certaines marques de services les ont expérimentés dans des conditions réelles. C’est le cas notamment de la start-up américaine nuTonomy qui, le 25 août dernier, lançait le premier test de taxis sans chauffeur en zone limitée, dans le centre-ville de Singapour. Une première mondiale suivie quelques semaines plus tard par le géant américain Uber qui mettait en circulation une première série de véhicules à Pittsburgh, en Pennsylvanie.

 

© Pixabay

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Des atouts incontestables

Selon l’OMS, les accidents de la route causeraient chaque année 1,3 million de morts dans le monde. Les voitures autonomes réduiraient ce risque à 80% d’ici 2040 (d’après une étude du cabinet KPMG). Une mise en circulation généralisée de ce type de véhicules aurait alors de multiples avantages : réduction du nombre d’accidents, amélioration du trafic, augmentation des limites de vitesse, gain de confort aux personnes présentes dans le véhicule, efficacité énergétique accrue…

 

L’opinion divisée

Face à des qualités indéniables, le véhicule autonome ne cesse pourtant d’interroger. 37% des Français seraient soucieux du développement de cette technologie. D’après un sondage de l’institut Odoxa, ils auraient même peur pour leur sécurité . Ces inquiétudes interviennent quelques mois après les récents accidents survenus avec des véhicules sans chauffeur.

Le 7 mai 2016, une voiture autonome Tesla entrait en collision avec un camion sur une route de Floride. Le système de conduite automatique n’avait pas visualisé le poids lourd qui roulait en sens inverse face à lui. Un accident mortel qui intervennait quelques mois après celui d’une Google car en Californie. Cette fois le véhicule, qui roulait à vitesse très modérée, s’était inséré dans une voie alors qu’un autocar s’engageait en face. Le géant américain a alors reconnu sa responsabilité.

Pour les assureurs, une question s’impose : comment la responsabilité du véhicule autonome sera assumée en cas d’accident ? Comment faire confiance à une machine pour prendre contrôle de son véhicule ? Les décisions d’un robot seront-elles meilleures que les choix exercés par les êtres humains ? De nombreuses questions restent sans réponse.

 

Légiférer : un vrai casse-tête

Dans un contexte aussi incertain et problématique, la législation propre à chaque pays se doit d’être rigoureuse et stricte. Mais comment légiférer ? Les gouvernements ont déjà entamé cette réflexion. En mars 2016, la Commission économique pour l’Europe des Nations Unies (Unece) a autorisé les véhicules autonomes, sous réserve « qu’ils soient contrôlables à distance, avec la possibilité de leur désactivation ». Une condition imposée alors que de nombreux pays européens se sont déjà positionnés en faveur des voitures sans chauffeur.

En avril 2016, lors du sommet dédié aux voitures sans chauffeurs, les 28 pays européens adoptaient une déclaration commune sur le véhicule autonome. En France, le Conseil des ministres décidait quelques mois plus tard, leur circulation sur les routes françaises, à des fins d’expérimentation. Malgré les récents accidents et les nombreuses réticences, la révolution technologique semble être bel et bien engagée. Rien ne semble pouvoir l’arrêter…ou presque.

 

 

 

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