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La digitalisation de l’éducation, une transformation annoncée!

Vers une école du numérique ?

« Je fais de l’aide aux devoirs à des écoliers de 6 ans. Tout se passe toujours très bien. Ils sont en CP donc on révise les syllabes, les additions, etc. Maintenant l’anglais s’apprend dès le CP, hier nous devions apprendre Les animaux de la ferme en anglais. La leçon se trouvait visiblement, d’après les indications de l’enseignante, sur le blog de la classe. Du coup j’ai dû me connecter là-dessus avec un code d’accès spécifique, pourtant impossible d’y accéder, je ne sais pas si c’était en raison d’un bug technique ou autre, mais nous n’avons donc pas été en mesure de faire le travail demandé. Je suis conscience que l’école se numérise de plus en plus et je suis pour la numérisation des livres scolaires notamment. Seulement, dès le CP ? Je trouve que c’est trop tôt. Par ailleurs je pense que la transition numérique de l’éducation doit impérativement passer par une « formation des parents » au préalable. Donner un code dans le carnet de correspondance ne suffit pas. Si moi, étudiante en communication, très familière avec le digital, je n’ai pas réussi à me connecter, je ne pense même pas à ces parents qui ne savent pas lire, où tout simplement qui ne sont pas sensibles aux nouvelles technologies. Bref, la conclusion de tout ça c’est que les petits n’ont pas pu travailler leur anglais grâce au blog, mais grâce à mes quelques notions sur Les animaux de la ferme.  » Nous livrait Sara, 20 ans, étudiante en communication.

Antoine, 24 ans, jeune professeur des écoles à Rouen en Haute-Normandie: « Le digital est encore très peu présent dans les écoles. Les outils informatiques sont souvent très archaïques (les ordinateurs mis à notre disposition, sont encore sous windows 98..) et cela rend l’utilisation avec les enfants difficile. Clairement, les fonds ne sont pas mis dans les écoles élémentaires publiques pour nous permettre de travailler avec les nouveaux moyens digitaux. Mais dans certaines écoles qui disposent de plus de moyens financiers, une réunion avec les parents est organisée à la rentrée pour parler des avancées numériques et les sensibiliser à ce nouveau mode d’enseignement. Dans l’école où je travaille, nous n’avons malheureusement qu’un seul rétroprojecteur pour 9 classes, ce qui rend le travail numérique quasi impossible au quotidien. Cela dit, quand le matériel scolaire nous permettra d’exercer notre métier en utilisant le numérique, il deviendra un outil très intéressant. Il permettra notamment de gagner du temps et de faire vivre le cours de manière plus ludique avec des schémas animés, des applications interactives qui sont des outils plus stimulants pour l’élève »

D’après les témoignages ci-dessus, on remarque que pour un même pays, selon les régions, les moyens numériques mis à disposition dans les écoles ne sont pas les mêmes, défavorisant ainsi certaines régions et donc certains professeurs et élèves. Et dans cette course à l’éducation numérique, les Français ont accumulé beaucoup de retard notamment quand on s’aperçoit que les dépenses faites en faveur d’un élève, dédiées au numérique représentent moins de 0,5 %, soit six fois moins que la moyenne mondiale.

Pourtant, le marché de l’e-éducation est un secteur porteur par delà nos frontières. En particulier dans le secteur des « wearables, les technologies mettables » qui devrait croître de 45% par an en moyenne aux USA d’ici 2020. Qu’il s’agisse,du géant Google avec Expeditions, un programme d’éducation qui utilise le concept de « classroom wearable » à bas coût, ou la bague intelligente de la start-up israélienne MUV Interactive qui transforme n’importe quelle surface, comme le tableau noir d’une salle de classe en un écran interactif, les fonds investis par les différents acteurs du marché, sont de plus en plus importants.

Google Cardboard Virtual Reality kit

En France, si dans les écoles privées les moyens alloués à l’e-éducation peuvent être plus ou moins importants, l’Education nationale s’est réellement penchée sur la question dans le domaine public et privé. Ainsi Le plan numérique, annoncé par l’état en 2014 est déployé progressivement depuis la rentrée 2015. L’enjeu est majeur : participer au renouveau d’une éducation plus participative et plus efficace dans ses méthodes d’apprentissage. L’Education nationale dans cette opération délicate se concentre autour de 4 missions :

  • Repenser les méthodes et les programmes d’enseignement ;
  • Produire de nouvelles ressources ;
  • Rénover les modes d’évaluation ;
  • Revoir l’organisation des espaces et des temps scolaires.

Des tests sont alors programmés dans 300 collèges et 300 écoles pionnières dès la rentrée 2015, pour veiller à la bonne mise en place du plan numérique. Une étape importante pour poser les jalons d’un nouvel écosystème qui reposera essentiellement sur l’e-éducation. Fort de ses tests qui se sont montrés concluants, un quart des collèges et 1800 écoles ont reçu à la rentrée dernière des équipements numériques mobiles (tablettes ou ordinateurs) co-financés par les départements. L’Education nationale est décidée à combler son retard en grande partie du fait que plus de 80% des élèves qui arrivent dans le cycle secondaire sont muni d’un smartphone et sont familiers des nouvelles technologies. Ils subissent donc un grand décalage entre ce qu’ils sont, « une génération connectée » et  ce qu’ils vivent dans le milieu scolaire à peine à l’aube de l’e-éducation.

 

Amina ZEGHOUDI,  Angeline NZEZA

 

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