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Free to play : les jeux vidéo de demain ?

Initiés sur PC par des jeux vidéo à faible budget, les free to play sont devenus en l’espace de quelques années monnaie courante dans le paysage vidéoludique. Pour comprendre en quoi le free to play diffère du modèle économique traditionnel, il suffit de s’attarder sur son nom. Le modèle Free to play – jouer gratuitement en français et souvent abrégé F2P – repose sur une gratuité relative. Nécessitant une connexion internet, les free to play disposent chacun d’eux d’une boutique virtuelle dans laquelle les joueurs peuvent acheter du contenu, on parle alors de micropaiements.

A l’heure où les triples A demandent de débourser une certaine somme, les free to play prennent la chose à contresens en proposant une expérience de jeu gratuite et évolutive. Il y a peu, voir pas de pub dans ces jeux là, le modèle économique reposant exclusivement sur l’achat de biens virtuels. Que l’on achète ou non ces biens, le joueur pourra dans la majeure partie des cas avancer dans le jeu, seule sa progression pourra en pâtir. Il sera alors plus compliqué de se tenir à niveau face à un joueur ayant mis la main au portefeuille. Ce modèle prend tout son sens dans les MMORPG (jeu de rôle en ligne massivement multijoueur) où le personnage du joueur évolue en fonction de l’expérience accumulée.

La marge de progression est de loin la plus importante parmi tous les genres de jeux connus. Depuis peu, les développeurs n’hésitent pas à dériver le F2P à des genres de jeu plus conventionnels tels que les jeux de course, de combat ou encore de sport. Le mouvement est tel que les poids lourds du secteur allouent un budget colossal au développement de leurs free to play, à tel point de lancer des plateformes dédiées. On pense indubitablement à la plateforme Play4Free d’Electronic Arts qui compte à ce jour sept titres free to play.

Les MMO, premiers adhérents au F2P

Autre facteur ayant grandement contribué au succès des free to play : le réseau social Facebook qui, contrairement aux jeux dits classiques, touche la quasi-totalité des cibles avec ses applications. FarmVille, jeu le plus médiatisé de tous, est basé sur ce même modèle économique. L’objectif étant que le joueur rentre dans une routine en le sollicitant chaque jour pour effectuer toutes sortes de tâches. Il n’aura fallu que quelques mois pour que ces mécaniques apparaissent sur smartphone et tablette. Nous vivons un tournant majeur avec des développeurs tel que Zynga qui se voient contraints de porter une majeure partie de leurs licences sur ces devices tactiles, désormais plus utilisés par les consommateurs.

Alors que certains tâtonnent encore en essayant de trouver un équilibre financier au travers du free to play, d’autres ont réussi la transition avec brio. La palme revient sans doute au Seigneur des Anneaux Online, MMORPG avec abonnement de son état d’origine, qui s’est retrouvé contraint de passer en free to play pour ameuter davantage de joueurs. Résultat des comptes, le jeu créé par le studio Turbine a carrément triplé ses revenus. Si 20% des anciens joueurs sont revenus, 1 million de nouveaux comptes ont été créés et la base d’utilisateurs du MMO a quadruplé. Toutefois, la concurrence est rude du côté des MMORPG, même le colosse Star Wars : The Old Republic qui représente à lui seul 200 millions de dollars d’investissement a changé de bord en optant pour le modèle F2P seulement un an après sa commercialisation. Pouvant être perçu comme un plan B, le free to play va au-delà et représente à notre sens la réponse à un problème de fond.

A l’heure où l’on parle de crise économique, les joueurs veulent être rassurés sur le produit avant d’envisager un quelconque achat. Si des licences fortes comme FIFA ou Call of Duty n’ont aucunement besoin de séduire, d’autres jeunes pousses peuvent trouver dans le free to play le moyen d’atteindre les joueurs et de les fidéliser intelligemment à l’aide de contenus virtuels pertinents.

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Un modèle en avance sur son temps ?

Avec les avancées technologiques, les free to play ont sauté la case retail pour le simple téléchargement web. Alors que la dématérialisation des jeux, autrement dit leur vente par téléchargement et non plus dans une boite, s’accapare une place de plus en plus confortable, les free to play surfent sur cette même vague pour des raisons de coûts et de contrôle. Pour qu’un F2P fonctionne auprès de sa cible, il se doit d’être constamment mis à jour pour que l’expérience de jeu ne stagne pas. C’est une fidélisation constante qui demande un travail au quotidien.

Pendant que certains prédisent déjà la fin de l’ère des free to play, les constructeurs de machine eux croient au potentiel de ce modèle économique, au point de l’expérimenter sur la génération de consoles actuelle dont les environnements logiciels ne sont pas forcément adaptés. C’est Sony avec sa PlayStation 3 qui embraillera le premier avec Dust 514, un MMOFPS (massively multiplayer online first-person shooter) aux allures futuristes…

Bien que la plupart des poids lourds du secteur aillent dans ce sens, les chiffres ne sont pas si élogieux. On parle de 70% des utilisateurs qui laisseraient tomber après seulement une journée de jeu. Après sept jours, il ne resterait plus que 15% des joueurs originels. Selon Sean Decker, vice-président d’EA Play4Free, « Les développeurs doivent s’engager dans le produit sur le long terme. » comme nous l’évoquions plus haut. Il n’hésite pas à faire le parallèle avec les programmes télévisés en rajoutant : « Si vous n’accrochez pas dès les premières secondes, vous changez de chaîne, parce que c’est gratuit. C’est la même chose avec les free-to-play, c’est facile d’aller d’un jeu à un autre. ».

Sean Decker
Sean Decker en 2010

Toujours selon ses dires, l’entourage jouerait un rôle clef afin d’échanger autour du jeu. Enfin, il n’hésite pas à conseiller ses rivaux en insistant sur les premières secondes de jeu qui doivent littéralement subjuguer le joueur, que l’action commence aussitôt et qu’il n’ait donc pas à subir une longue phase d’introduction.

Nous sommes clairement aux balbutiements du free to play, les éditeurs et développeurs y vont à tâtons au risque de perdre de l’argent. Certains y parviennent mieux que d’autres mais il est clair que la gratuité sera toujours bien vu auprès des joueurs. Plusieurs craintes subsistent néanmoins, être trop régulièrement sollicité par nos jeux aux travers de notifications et une économie pas si flagrante que ça pour peu que le joueur souhaite acquérir le jeu dans sa globalité. Selon une source interrogée travaillant chez Gameloft, premier éditeur mondial de jeux mobiles, seuls 15% des joueurs en moyenne passeraient à la caisse, un chiffre qui semble suffire à amortir le jeu et à en tirer des bénéfices. Pour preuve, l’éditeur français passe ses licences les unes après les autres en freenium. Un signe qui ne trompe pas quand on dégage 44,8 millions d’euros de chiffre d’affaires sur un trimestre.

par Lydia Faraj et Benjamin

1 Comment

  1. Jeux-de-mmo.com

    Serait-il possible de publier un TOP5 ou TOP10 des meilleurs F2P selon vous ?

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