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Happiness therapy 2.0 : le bonheur grâce au digital, c'est possible ?

 [dropcap] L [/dropcap] es nouvelles technologies font-elles notre bonheur ? Selon le designer autrichien Stephan Sagmeister, à l’origine du projet The Happy Show, naviguer sur Internet ferait en tout cas partie de ces activités qui suscitent le moins cet état de bien-être et/ou d’euphorie extrême.

Naviguer sur internet ne ferait pas notre bonheur.Même si je ne suis pas d’accord avec le graphique ci-dessus, issu de l’expo The Happy Show, foncez-y. Vous pourrez y faire de la bicyclette, avoir des bubble gum à l’œil et repartir en prime avec le sourire aux lèvres ! A la Gaîté Lyrique jusqu’au 9 mars. 

Serais-je alors quelqu’un de profondément malheureux, moi qui passe le plus clair de mon temps à fouiller les méandres du net (déformation professionnelle) et surtout à stalker vos profils FB, j’avoue ? A l’heure où les technologies du bien-être et du bonheur commencent à se démocratiser et où les feel-good vidéos de YouTube faisant le tour de la planète ne manquent pas d’inonder nos newsfeeds, il ne m’en fallait pas plus pour questionner le rapport entre bonheur et digital.

Internet et les nouvelles technologies,  nouvel opium du peuple ?

Qui d’entre nous ne s’est jamais senti démuni sans accès à Internet plus d’une journée ? 7h30, on se réveille et hop, un petit tour sur Facebook, Twitter et compagnie, sans oublier de checker ses mails (parce qu’on reçoit tous des mails très importants entre minuit et 7h du matin, bien sûr), opération qu’on réitérera un bon nombre de fois au cours de la journée ! Nous serions bien nombreux à avoir besoin d’une petite cure de digital detox car, sans que nous ne percevions forcément cela comme une pathologie, nous n’aurions pas tort de parler de cyber-dépendance pour certains d’entre nous, voire de cyber-dépression dans le pire des cas.

Combien de temps avez-vous gaspillé sur Facebook ? Vous aussi, calculez le temps que vous avez gâché sur Facebook depuis votre inscription ! Personnellement, un peu moins d’un mois en 7 ans c’est pas si mal, non ?

Alors que des études ont révélé que les réseaux sociaux ne nous rendaient pas plus heureux, comment dans ce contexte les nouvelles technologies et Internet pourraient-ils prétendre à contribuer à notre épanouissement personnel ? Surtout quand l’ordinateur qui nous tient compagnie reflète une image désincarnée et faite d’univers virtuels, bien éloignée des idéaux que nous nous faisons du bonheur concret et palpable, si tant est qu’il existe…

Quand le bonheur fait vendre face à la sinistrose ambiante

Début 2013, en dépit de la crise et du taux de chômage croissant, 49% des Français, selon une étude de l’Ifop, se disaient confiants quant à leur avenir, révélant un optimisme à toute épreuve. Ils avaient décidé de ne plus subir le matraquage intempestif des mauvaises nouvelles du 20h. Et les marketeux l’ont bien compris si l’on en croit la vague positive qui a déferlé par la suite, du film « Happiness Therapy » au succès retentissant (Bradley Cooper y est sans doute pour beaucoup) au flop monumental de l’émission de M6 « J’ai décidé d’être heureux », en passant par l’euphorique chanson « Happy » de nos frenchies C2C. La marque Lancôme va même jusqu’à affirmer que « la vie est belle » avec son dernier parfum, faisant choux gras de ce marché de l’optimisme.

Le web non plus n’est pas en reste : le site Sparknews, 1er site mondial de contenus média positifs, a lancé la tendance en 2011 et a depuis fait des émules comme le tout récent Upnews, site d’actu positive, lancé fin 2013 par deux journalistes français. Un petit coup de blues ? Rendez-vous au plus bel endroit des Internets – The Nicest Place on The Internet !

[youtube youtubeurl= »zG-BWw__yos » ][/youtube]

The Nicest Place on The Internet : un free hug numérique et ça repart !

Et si le bonheur était justement au creux de nos mains ?

L'application 58 sec. pour augmenter votre bonheur

Plus de bonheur dans votre poche en 58sec ? Avec cette application, créée par des chercheurs d’Harvard, c’est possible : elle mesure votre bien être en continu via votre smartphone et aide à améliorer votre état d’esprit.

Et oui, s’il se cachait tout simplement à l’intérieur de votre smartphone, ce nouvel objet à tout faire ! Parallèlement à cette tendance du bonheur à tout prix, se sont en effet développés ce que l’on a appelé les technologies du bien-être, basées sur les neurosciences et qui ont très largement misé sur le mobile. Envie de maigrir, d’arrêter de fumer ou de penser positif pour vous sentir heureux ? Il y a forcément une application pour vous y aider puisqu’on en décompterait aujourd’hui près de 100.000 sur ce marché qui s’annonce des plus juteux et qui rejoint par ailleurs celui de la m-santé. Atteignant des hauts niveaux de personnalisation, ces dernières prétendent rivaliser avec un coach « humain » et le réussissent plutôt bien ! Elles se proposent ainsi de changer durablement nos comportements : envoi de notifications push et de SMS mais aussi conseils à consulter pour nous aider à tenir lorsque le naturel revient au galop et que nous ne sommes pas loin de craquer, les meilleures applications d’entre elles proposent ainsi un accompagnement de tous les instants.

Les technologies du bien-être s’appuient encore sur la tendance du quantified self, le fait de récolter un maximum de données, à grand renfort d’objets connectés si nécessaire, nous permettant d’améliorer notre qualité de vie et donc notre bonheur : il peut s’agir de performances sportives, d’heures de sommeil comptabilisées ou encore de la nature des repas pris dans la journée. Ce faisant, nous prendrions mieux conscience des efforts à fournir pour atteindre nos objectifs. Mais ce n’est pas tout : ces applications nous offrent également la possibilité de partager ces résultats sur les réseaux sociaux afin de créer un sentiment d’émulation, engrangé par la pression sociale.

Dernière tendance mais pas des moindres dans cette course au bonheur numérique : celle du journal de gratitude. Les neurosciences ont prouvé que tenir un journal participait au développement personnel. On ne parle pas ici de spammer vos amis FB à l’aide de statuts révélant vos états d’âme mais bien de tenir un journal spécialement dédié à ce qui a illuminé votre journée. C’est ce que propose l’application de blogging photo Illuum qui vous guidera dans votre recherche du bonheur.

Illuum, le journal du bonheur et de gratitude 2.0 Kick la vie, on te dit !

Alors, toujours convaincus que le digital c’est le mal ? Vous laisserez-vous séduire par ces nouvelles technologies qui vous promettent monts et merveilles pour votre plus grand bonheur ? En attendant et pour finir, une méthode qui a fait ses preuves pour vous mettre de bonne humeur : un petit shot de happiness avec notre version du tube de Pharrell Williams spécial ECS !

[youtube youtubeurl= »hZ5rR0WlEkQ » ][/youtube]  

4 Comments

  1. Mme Boulot

    Bien écrit et plein d’exemples super sympas et pas très connus !

  2. Izba

    Je suis généralement un peu réfractaire aux nouvelles technologies, mais j’en abuse au quotidien, par nécessité (c’est plus rassurant de voir les choses ainsi n’est-ce pas ?). Entretenir le contact avec ses amis sur facebook est devenu primordial, je vérifie mes mails pro tous les matins quand bien même, effectivement, il est rare de recevoir quelque chose entre minuit et 7h, je ne twitte pas, je n’ai pas d’instagram, mais c’est vrai, j’ai en ma possession un iphone, qui fait de moi quelqu’un de très connecté. Un peu trop sans doute. Et comme pas mal de gens, je me demande souvent si ce n’est pas au détriment d’autre chose.
    Alors un tel article tombe à point il me semble, merci de dé-diaboliser avec humour nos petites tendances à la cyber-dépendance.
    Cet article évoque très judicieusement à mon avis, cette théorie paradoxale qui nous effraie : les nouveaux moyens de communication, au lieu de nous pousser les uns vers les autres, nous permettraient surtout, hélas, de nous recroqueviller sur nous-mêmes et de ne plus voir le monde qu’à travers la lucarne étroite d’un écran. Et cette lucarne étroite, nous interrogeons-nous, n’est-elle pas en train de nous contaminer, lentement mais sûrement, jusqu’à ce que nous ayons à déplorer notre propre étroitesse d’esprit irrémédiable ?
    Et pourtant non, merci à l’auteure de cet article. Tous les moyens sont bons pour engranger le beau, le merveilleux. Et avec les nouvelles technologies, personne n’est plus à l’abri d’une petite déferlante de câlins de temps en temps et d’une décharge de bonheur, heureusement.
    Et oui, même si globalement, nous ne sommes pas toujours fiers de passer du temps derrière nos écrans, nous ne sommes pas malades, pas vraiment.
    Peut-être effectivement, que nous sommes juste en quête d’un mot doux, d’une image qui rassure, d’une musique qui réconforte. En somme, d’un brin de bonheur cueilli sur la toile, parce qu’on sait qu’il y en a d’autres, des gens comme nous, un peu fous, qui rêvent juste qu’on leur tende les bras et qui s’appliquent à fabriquer le bonheur pour ceux qui n’en ont pas.

  3. diallo

    votre article est bien écrit

  4. Alexis ROBIN (@alexis__robin)

    Le médium reste un outil qui est neutre. On a tendance à l’oublier tant il est prootéiforme mais Internet est un médium. La question est donc de savoir comment et à quelle fin on utilise l’outil, le reste est psychosociologique.
    Bravo pour cet article qui montre les avantages et travers du Web et de ses déclinaisons.

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