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Boîtes mail en overdose : faut-il craindre le digital ?

Toute la journée, nous recevons des notifications de notre messagerie. Un mail avantage fidélité d’un magasin de vêtements, un mail contenant un code promo pour créer un nouveau livre photo sur nos vacances d’été, un mail de Viadeo ou Linkedin qui nous rappelle que des contacts veulent vous ajouter à leur réseau professionnel… Oui, notre boîte mail sature.

En 2016, 215 milliards de mails sont échangés chaque jour, dans le monde. En 2020, les prévisions annoncent 258 milliards (source : Radicati Group, mars 2016). Que ce soit sur notre boîte personnelle ou professionnelle, c’est un flux continu de messages qui déferle. Les mails se sont fait leur place, remplaçant peu à peu le courrier papier, et sont bien ancrés dans notre quotidien. Pourtant, ils peuvent faire remonter certaines craintes chez les internautes…

Mail sur smartphone et travail : peut-on vraiment déconnecter ?

cadres accros aux mails

Les cadres, accros aux mails

De plus en plus de personnes synchronisent leur messagerie professionnelle sur leur smartphone. En déplacement, en réunion ou dans les transports en commun, on reçoit tous nos mails en temps réel : une aubaine ! Une urgence ou une simple demande à traiter, nos téléphones nous rendent toujours plus disponibles. Mais certains salariés répondent aussi le soir, chez eux, ou quand ils sont en congés. En fait, c’est un peu comme une addiction, ils ne déconnectent plus.

L’employeur s’habitue à notre réactivité permanente, et accepte de plus en plus mal que nous ne répondions pas lors d’une journée non travaillée. C’est alors un cercle vicieux, dans lequel bon nombre de cadres sont pris. On estime que 76% des cadres européens consultent leurs mails en dehors de leurs heures de travail. (source : Usine digitale). Un cadre français sur 5 les consulte même dans son lit, lieu normalement attribué à la vie privée.

Mais la profusion de ces nombreux messages électroniques engendre aussi un nouveau type d’appréhension : notre présence accrue sur le web et dans les fichiers des sociétés.

Notre e-reputation en jeu, nos informations personnelles à découvert

En voyant la pluie de mails s’abattre sur notre messagerie à longueur de temps, nous prenons conscience que les marques et entreprises savent tout de nous. Par la création de comptes sur les sites, l’abonnement aux newsletters ou la participation à des jeux concours, nous offrons de précieuses données personnelles.

Certaines personnes commencent d’ailleurs à se « dé-digitaliser », à supprimer tous les comptes qu’ils ont pu créer sur les différents sites internet. La peur d’être traqués, de voir leur compte Copains d’avant ou leur Skyblog remonter lorsqu’on cherche leur nom sur Google. En octobre 2016, Alexandre Léchenet, journaliste à Libération, a justement entrepris cette démarche. Dans son article « Comment j’ai commencé à disparaître de l’Internet » (16 octobre 2016), il explique son envie de s’effacer auprès des sites web ou applications dont il n’a plus l’utilité. Son intérêt est de supprimer quelques-unes de ses données personnelles, mais aussi de désemplir sa boîte mail. Il partage aussi son expérience sur son compte Twitter, où de nombreux abonnés suivent également sa démarche.

Pour le moment, les mails ne semblent pas vouloir céder leur place. Bien que de nouveaux outils soient apparus comme les réseaux sociaux d’entreprise pour tenter de les limiter, le nombre de mails reste croissant. Hé oui, maintenant le facteur passe plusieurs fois par jour… Mais à l’avenir, peut-être trouverons-nous une autre alternative, plus rapide et moins volumineuse ?

Audrey André

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