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Android VS Apple

Steve Jobs détestait Android(1) et ceci n’est pas dû à une simple rivalité entre deux concurrents qui se partagent le marché des plateformes pour Smartphone. En effet, Eric Shmidt aurait trahit le défunt visionnaire en lançant Google sur le mobile.

Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’en se dirigeant vers le mobile, Google réalise un très gros coup! En seulement 3 ans d’existence le robot vert représente 22,3%(2) du parc installé en Europe et devient donc la première plateforme pour Smartphone devant l’iOS d’Apple et ses 20,3%(2).

La réponse est tout d’abord stratégique, Android est présent sur plusieurs terminaux que ce soit en nombre d’entrée ou dans le haut de gamme : Samsung, HTC, Sony Ericsson, LG, Nexus et Motorola. Selon Google, l’OS représente chaque jour 550 000 activations de nouveaux terminaux dans le monde ! Une véritable invasion…

Tandis que du côté de la pomme, l’iOS est disponible uniquement sur les produits Apple (iPhone, iPod Touch et l’iPad). Une stratégie à l’opposé de Google mais qui simplifie les mises à jour et assure le sentiment d’appartenance à la confrérie Apple. Rappelez-vous la pub TV pour l’iPhone 4 : « Si vous n’avez pas d’iPhone… eh bien vous n’avez pas d’iPhone » (vous pouvez la revoir ici).

Mais au-delà des parts de marché grandissantes, le robot vert séduit ! 84,2%(3) des utilisateurs d’Android souhaitent renouveler l’expérience. En effet, 8 personnes sur 10 commençant sur Android ne voient pas l’intérêt de changer de système d’exploitation… Mais ce chiffre est quasiment le même pour l’iOS. Il faut donc recruter ! Pour cela Apple a décidé de rendre accessible l’iPhone 3GS à 20€ avec abonnement et a créé une offre avec l’opérateur T-mobile descendant le prix du mobile jusqu’à 1€ en Allemagne. Une offre aussi accessible n’est pas dans les habitudes de la marque haut de gamme…. Apple est conscient qu’il va falloir faire des efforts si la pomme ne veut pas que le Droid ne vienne la croquer…

Apple et son iOS sont-ils en crise ? Loin de là ! Il reste une grande différence d’utilisation qui a son importance aux yeux des annonceurs… Les iPhoneurs téléchargent plus d’applications payantes que les Androidiens, un utilisateur d’Android sur deux déclare en effet n’avoir jamais acheté une application payante. (Contre 9 utilisateurs sur 10 du coté d’Apple(3) .) Pour ce qui est du pouvoir d’achat des utilisateurs, 26% des clients de l’App Store téléchargent pour plus de 6€ par mois contre 10% pour les clients de l’Android Market. Les mobinautes les plus dépensiers sont donc du côté de l’iOS et la mission d’Apple pour l’avenir sera d’éviter leur migration vers le robot vert.

Un autre point va dans le sens d’Apple, selon Surikate et son étude d’automne 2011:  78% des iPhoneurs possèdent plus de 30 applications contre seulement 55% sur Android. Pour une marque, il est donc plus simple d’être présent sur un iPhone car son utilisateur est plus enclin à cumuler les applications.

D’autre part, la durée de vie d’une application est plus courte sur l’Android Market, en effet, 37% des applications sont retirées par le développeur ou Google lui même contre seulement 24% sur iOS.

Comment expliquer cette différence ? Google a choisi une modération à posteriori alors qu’Apple a choisi une validation à priori. Cette dernière limite les problèmes d’applications comportant des « malwares » et donc des failles de sécurité. (les malwares permettaient d’aspirer des données personnelles, néanmoins seul le numéro d’identification du mobile (IMEI) aurait été récupéré…)

La marque à la pomme peut aussi s’appuyer sur sa communauté ! Et elle est toujours aussi dévouée malgré la perte de son « prophète ». Après la sortie de l’iPhone 4S et non du 5, on aurait pu s’attendre à un échec, au contraire, Shawn Blanc (The Next Web) annonce qu’Apple aurait vendu 4 millions d’iPhone 4S durant les trois premiers jours de son lancement « mondial ». Ce qui donne une fréquence de 16 iPhone 4S vendus chaque seconde(4) ! Un engouement sans précédent, même pour les versions précédentes de l’iPhone.

Un autre argument en faveur d’Apple: l’iOS est beaucoup plus présent en terme de fréquentation de sites Internet. Net Applications(5) vient de dévoiler ces derniers chiffres, sur le mois d’octobre l’iOS a fait un bond de presque 7% en passant à 62% de parts de marché contre 55% en septembre. Android se trouve très loin derrière avec 19% (contre 16% en septembre). Cependant, il ne faut pas oublier de tempérer cette avance car les iPad et iPod Touch sont comptabilisés dans l‘étude.

Enfin, Apple a pu récemment compter sur un renfort inattendu; puisqu’il vient d’un concurrent en la personne de Steve Balmer (PDG de Microsoft) qui a déclaré lors de la conférence web 2.0 Summit du 21 octobre : « Vous n’avez pas besoin d’être un ingénieur pour utiliser un Windows Phone, en revanche je pense qu’il faut l’être pour utiliser un téléphone sous Android ». À coup sûr, Steve aurait apprécié !

Selon l’étude de Surikat, 29% des utilisateurs d’Android auraient entre 20 et 25 ans. Un bon point pour le robot quand on sait que le taux de satisfaction du système est de 85%. Ce résultat est dû en grande partie à l’intégration des services Google comme Gmail, Google Calendar, Google reader, Google Contacts…

A noter qu’Apple vient de renouveler son contrat avec Google pour Google Maps mettant fin à la rumeur d’un système de cartographie propre à Apple. C’est un partenariat qualifié de ‘’long terme” selon Eric Schmidt. Comme quoi, des trêves sont envisageables dans cette guerre concurrentielle même entre Apple et Google.

On l’a vu ci-dessus, les utilisateurs d’Android téléchargent moins d’applications payantes que ceux d’Apple. Mais une solution semble émerger : le freemium. Les applications sont alors financées par la publicité et de l’in-app purchase (par exemple, les deux premiers niveaux d’un jeu sont gratuits et les prochains seront payants).

Les deux géants ont leur propre régie publicitaire mobile, iAd pour Apple et Admob pour Google. Un filon en or car en 2020 il y aura plus de connexion internet via les terminaux mobiles qu’à partir d’un ordinateur fixe.

Et comme le rappelle Paul Amsellem, Directeur Général de Nokia France et de MNG (première société française de marketing, de publicité et de technologie mobile intégrée et cotée en France) : « le taux de clic serait 10 à 20 fois plus élevé sur mobile que sur Internet(6) ».

 

Récemment Admob a annoncé des nouveautés dans l’affichage de bannières au sein des applications mobiles. La publicité contextuelle peut désormais apparaître en haut de l’écran dans une application, ceci donnant aux développeurs et éditeurs de nouvelles opportunités de revenus.

Autre nouveauté du coté du ciblage des utilisateurs : lorsque l’on effectue une recherche sur le web via son mobile, les résultats de recherche proposeront un lien de téléchargement direct d’une application mobile (iOS ou Android) en relation avec la recherche. Encore mieux : si l’application en question est déjà installée sur le smartphone de l’utilisateur, le lien pourra pointer directement vers une page intérieure de l’application.

Enfin, les « Circulars », quand un internaute clique sur une publicité « search » ou « display » sur son PC, il verra s’afficher des annonces illustrées avec des offres spéciales. En quelques clics il pourra envoyer ces pubs sur son mobile, puis se rendre sur le point de vente correspondant pour faire flasher son mobile et obtenir la remise promise.

Du côté d’Apple, le problème réside dans le célèbre problème de flexibilité. En effet, Apple exerce un contrôle strict des créations publicitaires qui lui sont soumises pour validation avant d’êtres diffusées sur le réseau iAd. Dans le cadre d’iAd for Developers, chaque publicité est par exemple traitée en Californie où elle est validée puis encapsulée dans la plate-forme. Le délai de validation des créations est de 48 heures au minimum ! Un gros problème, pour preuve, Adidas, lassé des exigences d’Apple aurait décidé d’annuler une campagne de 10 millions de dollars sur iAd après qu’Apple ait refusé sa création trois fois de suite. Nul doute qu’avec l’expérience un assouplissement devrai être consenti de la part d’Apple pour ne plus faire fuir les annonceurs aussi puissants.

Si Apple a perdu son monopole des OS pour Smartphones, iOS reste ultra dominateur sur le marché des tablettes tactiles. Selon une étude d’eMarketer, les ventes de tablettes devraient augmentées de 400% d’ici 2012, soit l’équivalent de 81,3 millions d’unités vendues.

En octobre 2011, Apple possède 61,5% des parts de marché, l’iPad est d’ailleurs en passe de devenir un terme générique: « J’ai n’ai pas une tablette mais un iPad ». La marque à la pomme domine clairement le secteur.

De plus, les utilisateurs de tablette choisissent généralement le même OS que celui utilisé sur leur mobile, il s’agit d’un point très important pour Apple qui pourra le prendre en compte lors de ses recrutements d’utilisateur.

A noter  que l’iPad 3 devrait sortir au premier trimestre 2012.

La force d’Android quant à lui, c’est d’avoir réussi a installer son système d’exploitation sur la quasi totatlité des autres tablettes du marché. (ex: Samsung et sa Galaxy Tab, Motorola et la Xoom, Amazon et sa Kindle mais aussi sur les tablettes Acer, ASUS, Toshiba, Archos et Sony…)

Mais selon Netmarketshare, l’ensemble de ces tablettes représente seulement 19% de part de marché. Les offensives devraient se multiplier dans les mois à venir…

Avant la sortie d’Ice Cream Sandwich, tout le monde était d’accord pour dire que l’iOS était la plateforme la plus fonctionnelle, démontrant que l’Open Source Android (qui permet à chaque constructeur d’adapter l’OS à ses besoins) est une formule qui ne possède pas que des avantages. Oui, mais voilà que l’Ice Cream Sandwich débarque ! La dernière version d’Android (4.0) doit permettre de résoudre les principaux défauts en unifiant le développement et l’utilisation d’Android sur tous les systèmes comme l’est déjà l’iOS…

A noter également qu’il ne vous coûtera que 25$ pour publier une application sur l’Android Market contre 99$ pour l’App Store. Cependant il y a un point commun entre les deux sociétés… le partage des recettes, 70% pour le développeur et 30% pour Apple ou Google.

 

Samsung (qui fonctionne avec l’OS Android) est le plus grand vendeur de Smartphones depuis le troisième trimestre 2011 avec 117 millions de mobiles vendus dans le monde, juste devant Apple. Et depuis plusieurs mois maintenant, on assiste à une guerre des brevets, dont le but est d’interdire la vente des produits de son concurrent. L’avantage pour le moment est à Apple, qui a réussi à  faire interdire la Galaxy Tab 10.1 en Australie! La firme coréenne ne se laisse pas faire et affirme que l’iPhone 4S violerait certains brevets lui appartenant. Pour prouver ses dires, Samsung demande l’accès au code source de l’iPhone 4S

Samsung et les autres marques de terminaux intégrant Android peuvent compter sur le soutien indéfectible du PDG de Google, Éric Scmidt « Nous avons vu une explosion de terminaux Android arriver sur le marché et, du fait de nos succès, les concurrents répondent par des procès parce qu’ils ne peuvent le faire par des innovations »(7). Ambiance…

Il y a actuellement une vingtaine de procès en cours dans 10 pays différents, dont la France.

L’avenir nous offre une guerre impitoyable entre deux géants aux capacités financières quasi-illimitées. Face à une telle course à l’innovation et aux prix, les bénéficiaires d’une telle concurrence… c’est nous ! Et la bataille va s’amplifier avec la venue de Microsoft/Nokia et de leur Windows Phone. En France, Paul Amsallem annonce que le lancement des Windows phone sera accompagné du plus gros budget de communication 360 degrés dépensé par Nokia en Europe (8)… Nul doute ! Android et Apple vont suivre de très près le lancement.

Les alliances et attaques vont se multiplier. Symbian l’OS de départ de Nokia, qui va s’éteindre en 2016, peut en témoigner.

Entre OS il n’y a pas de pitié et chacun pour sa pomme !

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=-cSSiCghAdU[/youtube]

(1) Steve Jobs (biographie officielle) : « Je vais détruire Android parce que c’est un produit volé. Je veux lui déclarer une guerre thermonucléaire ».

(2) Étude ComScore septembre 2011, Europe des 5.
(3) Étude Suricate automne 2011
Thomas GRUNDER – Julia NAU – Pauline GREVET – Louise COMBRAY


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