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Une banalisation du racisme due au web et notamment aux réseaux sociaux

Suite aux insultes raciales envers la Ministre de la Justice, Madame Christiane Taubira, une polémique est née autour d’une question : les français sont-ils racistes ?

Le CSA s’est donc penché sur la question en faisant plusieurs sondages que vous trouverez ci-dessous.

L’attitude des français à l’égard des réactions racistes

« Vous personnellement, de laquelle des opinions suivantes vous sentez-vous le plus proche ? »

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Le sentiment de racisme chez les français

« Vous sentez-vous plutôt racistes, un peu racistes, pas très racistes ou pas racistes du tout ? »

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La perception du niveau de racisme en France

« Diriez-vous qu’en ce moment le racisme en France est très répandu, plutôt répandu, plutôt rare ou très rare ? »

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En effet, d’après les sondages du CSA et le rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, vous pouvez constater que 29% des français se considèrent comme racistes, soit environ 19 053 000 de français. 82% des personnes interrogées estiment que le racisme est répandu en France. Néanmoins, ce qu’il faut retenir de ces études, est que, davantage de français pensent que certains comportements peuvent parfois justifier des réactions racistes (65% en 2012 contre 58% en 2011).

Cette augmentation d’acte et menaces raciales et antisémites serait due à internet et aux réseaux sociaux. Selon la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme, le web participe à la banalisation des réactions racistes et antisémites.

Pour quelles raisons le web serait responsable de la banalisation du racisme ?

Dans son rapport de 2012 sur le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie en France, la commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) relève que le web et les réseaux sociaux contribuent à la banalisation des actes raciste et antisémites.

Ces dernières connaissent une augmentation de 23%  depuis ces dernières années, notamment en 2012 dû à la montée de l’extrême droite.

 Le rapport de la CNCDH constate une prolifération des propos de discrimination raciale et antisémites sur internet. Ils se développent via une multitude de canaux tels que les sites internet, les forums, les blogs et les réseaux sociaux.

D’ailleurs, la propagation du racisme y est facilitée par différents facteurs. Le premier étant l’anonymat, car il confère un sentiment d’impunité et libère la parole, par exemple sur les blogs, la présence de discussions de cette nature fait office de défouloirs. Le second facteur est la facilité de diffusion de l’information, ce qui permet le regroupement d’internautes et leur montée en puissance d’injures raciales pouvant être partagées notamment via les réseaux sociaux.

#Twitter

Vous le savez tous comme moi, tous les jours, voir même toutes les minutes, un Hashtag  se crée, s’invente en permanence dans le monde grâce à Twitter. Mais connaissiez-vous #déliredebabtou #UnBonJuif #SiMaFilleRameneUnNoir ?

#Déliredebabtou était probablement lancé comme un jeu. Cependant, les commentaires des twittos ont vite été détournés en commentaire, jugé comme étant une incitation à la haine raciale.

Néanmoins, il faut le dire ce hashtag flirte avec le racisme, car il a été utilisé pour stigmatiser, des habitudes considérées comme trop traditionnelles ou bien des coutumes dites « occidentales ».

Le mot « babtous », du verlan, « toubab » est un terme utilisé en Afrique noire francophone pour désigner les personnes de peau blanche, donc par extension les étrangers occidentaux ; et également les africains occidentalisés, c’est-à-dire, ayant adopté le mode de vie européen.

Ce hashtag a d’ailleurs créé un effet de mode avec tout un ensemble de tweets faisant apparaître toutes sortes de stéréotypes, on retrouve des moqueries sur certains usages  « conventionnels » ou bien « bourgeois », comme :

« Tiens chérie, comme promis tu as ton poney pour Noël #Deliredebabtou » ou encore « Soirée Scrabble #Deliredebabtou »

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Outre le #Déliredebabtou, d’autre hashtag se crée également comme #UnBonJuif. Ces mots dièses et message haineux avaient émus en fin 2012, les associations comme SOS Racisme, la LICRA (ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) et l’UEJF (union des étudiants juifs de France).Ce hashtag avait connu un tel succès que le 10 Octobre 2013, il était apparu dans la liste des 10 sujets les plus commentés parmi les utilisateurs français.

Au total, 1 600 personnes différentes se sont exprimées avec #UnBonJuif.

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Cependant, que peut faire la justice face à ce racisme décomplexé sur la toile ?

Avant l’affaire des tweets antisémites, personne en France n’avait poursuivi Twitter pour incitation à la haine raciale.

Il existe désormais des moyens pour lutter contre le racisme sur internet comme les poursuites judiciaire. Mais, dans un cas de diffamation ou d’injure (racistes ou non), il faut une plainte pour qu’il y ait une enquête automatique. Néanmoins, seules les personnes visées par des propos racistes ou les associations spécialisées comme la LICRA ou SOS Racisme peuvent porter plainte.

Il existe également en France une plateforme de signalement qui est www.internet-signalement.gouv.fr. Elle fonctionne en échanges directs avec Facebook, Twitter et d’autres réseaux sociaux si besoin.

De plus, le statut juridique des réseaux sociaux étant encore assez flou (ils ne possèdent pas de statut légal en France), la jurisprudence ne s’est pas prononcé sur leur qualication, à savoir si ces plateformes communautaires sont considérées d’espace publique ou privée.

Mais pour certain, elles sont désignées comme étant prestataire technique ou bien hébergeur et sont donc soumis à une obligation de conservation de données.

A partir du moment où on leur signale des propos pouvant être outrageant, elles doivent les signaler aux autorités administratives ou judiciaires.  Pourtant, ces réseaux sociaux peuvent également être soumis à la loi américaine qui au nom du premier amendement considère que la liberté d’expression prime sur les propos racistes ou bien antisémites.

Bien que, ce fût un long combat pour les associations, grâce à la circulaire du 27 juin 2012, et la ministre de la Justice, Madame Christiane Taubira; Twitter a fini par fournir à la justice les adresses ou bien identifiants des auteurs des tweets antisémites.

Pour conclure

Parce qu’il nous faut tout de même un peu de légèreté en ce début d’année 2014.

Je vous propose une vidéo de Jimmy Fallon et Justin Timberlake pour démontrer ce que donne l’hashtag dans la vraie vie.

Jimmy Fallon FEATURING Justin Timberlake

Mais n’oubliez tout de même pas #SOSRACISME

1 Comment

  1. Iakovos Alhadeff

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