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Santé connectée : le Big Data peut-il nous soigner ?

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La santé connectée : où en est-on ?

Depuis une dizaine d’années, les services de santé se sont largement ouverts au numérique.

Aujourd’hui, on ne peut que constater que la santé connecté représente un gain de temps et d’efficacité indéniable. D’ailleurs, 67 % des Français et 81 % des médecins, pensent que la e-santé est une opportunité pour la qualité des soins. (Baromètre santé, Odoxa, janvier 2015.)

En effet, il est désormais possible, en temps que patient, de discuter à distance avec le personnel médical, via des appareils connectés, de prendre rendez-vous et renouveler son ordonnance en ligne, ou encore d’avoir accès à son dossier médical via internet. Mieux encore, ces technologies offrent aux professionnels de santé de meilleurs outils pour exercer leur métier. Par exemple,des applications de suivi pour assister les médecins dans leurs diagnostics, ou des systèmes d’alerte en cas de problèmes.

Seulement, tous ces nouveaux outils rendent aussi les données personnelles des patients plus facilement accessibles. La question de la sécurisation des données collectées se pose alors.

Le risque est effectivement que les données collectées soient transmises et utilisées par des tiers dans un but commercial. Cela pose aussi de nombreux problèmes autour du secret médical.

A l’heure actuelle, 70% des patients seraient d’accord pour être équipés d’objets connectés médicaux dans le cadre d’une maladie chronique. Seulement, ils sont également 50% à s’inquiéter des conséquences sur le secret médical, et un tiers à considérer la e-santé comme «une menace pour la liberté de choix». (d’après l’étude E-santé de la DGE publiée en février 2016).

Les patients sont donc parfaitement conscients des enjeux vis à vis de la santé connectée. Afin de ne pas perdre leur confiance, il est à présent primordial de prendre en compte les risques d’une telle base de données à échelle mondiale.

Big data et santé, une combinaison nécessaire

Car si les risques sont bien réels, il n’est pas question d’interdire ou de limiter une telle collecte de données. De nos jours, le moteur principal de l’innovation sur le secteur de la santé est la Data et empêcher aux services de santé la récupération de données personnelles, reviendrait à brider sérieusement l’innovation.

Grâce aux données et à leur interprétation, il est possible pour les professionnels de la santé de prendre des décisions plus précises et plus pertinentes. Un meilleur partage des informations permettrait également de réduire considérablement les erreurs de prescription. Il suffit de penser aux patients en attente de greffe d’organes pour comprendre combien l’accès rapide à ces données est une question vitale et prioritaire.

Enfin et dans un cadre plus quotidien, le développement de la santé digitale favorise la collaboration entre professionnels et chercheurs de tous pays. L’échange et le partage de résultats facilités nous amène vers plus d’innovation ouverte. Par exemple, l’entreprise de santé Roche qui a ouvert une plate-forme de partage de données pour lancer un Challenge4Cancer, et combattre la maladie grâce au big data.

Il est donc évident que, pour l’ensemble des acteurs de l’industrie de la santé, la collecte des données et l’un des enjeux principaux de la santé. Pour autant, sa réglementation doit être clarifiée, sa gestion optimisée et sa sécurité renforcée.

Des mesures se mettent en place

Dans cette démarche, la ministre de la Santé Marisol Touraine a présenté, début juillet 2016, une stratégie nationale appelée « e-santé 2020 ». Elle prévoit le développement de la médecine connectée et le renforcement des sécurités des systèmes d’information en santé avec un plan d’action dédié.

De la même manière, un nouveau règlement européen sur la protection des données personnelles entrera en vigueur en mai 2018. L’objectif de ce texte pour l’Europe étant de s’adapter aux nouvelles réalités du numérique. Ce règlement unique concerne les données personnelles en général, mais tout particulièrement de santé. Il définit tout d’abord de manière claire le terme de données personnelles de santé.

Aussi, il en interdit l’exploitation à l’exceptions de collecte dans le cadre notamment de la protection sociale, ou de projets d’intérêt public, qui concernent la recherche scientifique ou l’amélioration du système de santé. Des responsables et coresponsables de traitement des données devront être définies. Enfin, ce texte introduit une obligation de déclaration en cas de violation de données, dans un délai de 72 heures maximum auprès de la Cnil et au plus vite auprès de la personne concernée.

Cela amène à croire que la collecte de données de santé va très certainement s’intensifier, tout comme son encadrement et sa régularisation. La sécurité des données sera t-elle vraiment respectée ? Les patients seront-ils alors plus en confiance ? Affaire à suivre…

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