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Digital, nouveau souffle pour l'industrie musicale africaine

Quand le digital (ré) invente l’industrie musicale africaine 

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Un univers musical en suffocation

L’Afrique est sans aucun doute le berceau des rythmes musicaux tels que le jazz, le hip- pop, la soul, la pop, le blues et bien d’autres. La musique a toujours été partie intégrante de l’identité africaine. Et pourtant son industrie musicale vivait jusqu’ici dans une sorte de léthargie : un réseau de distribution des œuvres musicales presque inexistant; une déconnection de l’évolution de l’univers musical mondial … jusqu’à la venue du digital.

Selon la Fédération internationale des producteurs (IFPI) la part de production musicale du continent africain représente seulement 0,5% du marché mondial. C’est vrai que à bien y regarder ces chiffres sont justes ceux des marchés sud-africains et zimbabwéens. Pour tous les autres le fléau de la piraterie empêche toute étude ou analyse transparente. C’est quasiment impossible pour un artiste africain qui n’exporte pas sa musique de vivre de son art chez lui. D’ailleurs, l’adage dit bien que nul n’est roi chez soi. Face à cette situation, l’économie musicale se trouve contrainte de s’expatrier pour permettre aux artistes une vie à l’image de leur production. Toujours selon l’IFPI, 70% des musiciens africains résident dans les pays du Nord, 20% réalisent régulièrement l’aller-retour entre les pays du Nord et leur pays d’origine.

Actuellement cette tendance se renverse tout doucement. Grâce à la technologie, au digital et à ses plates formes, l’industrie musicale africaine se (ré)invente.

La bouffée d’oxygène du digital 

En 2014 Universal Music France annonçait via un communiqué qu’elle s’implantait en Afrique francophone.

Depuis 2014 également, des plateformes musicales dédiées aux artistes africains sont disponible à travers le monde. Il s’agit d’une vraie bouffée d’air pour la distribution musicale de cette partie du Sud de la planète qui se voit offrir par ce biais un nouveau canal de distribution.

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Avec un million d’utilisateurs par mois, le leader des players de la musique à la demande est la plateforme nigériane  iROCKING . Ses concurrents le suivent, le copient, mais ne l’égalent pas. Anghami, Afrinolly de “Fans Connect Online”, Spinlet, Truspot, Mziiki, Mdundo, BiGxGh, Pliby.com, The Keek (d’Universal Music), pour ne citer que ceux là. Toute cette évolution en moins de 5 ans. Les plateformes internationales comme Deezer, Spotify, iTunes, Simfy et Vimeo n’ont pas eu d’autres choix que de se lancer à la conquête du territoire africain.

Des applications pour lutter contre la piraterie ont aussi vu le jour, comme Wabeeh.

La démocratisation du mobile en Afrique représente un autre changement de grande envergure.  40% des africains utilisent leur mobile pour écouter de la musique. La transformation digitale de l’industrie musicale en Afrique passe quasi exclusivement par le mobile contrairement à d’autres parties du monde.

L’industrie musicale digitale, force d’émergence  et de développement 

Si le secteur de l’industrie musicale est prometteur, il ne reste encore du chemin à parcourir. Les artistes ressentent toujours la nécessité de s’expatrier pour vivre véritablement de leur art. En cause, la gestion des droits d’auteur qui laisse encore et toujours à désirer. La corruption gangraine encore le secteur.

On espère tout de même que l’essor de l’industrie musicale africaine via le digital permettra un développement du secteur musical en Afrique, mais surtout qu’elle pourra aussi lui servir de tremplin pour émerger dans d’autres domaines et sur la scène internationale.

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