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Peut-on tout se permettre au service de l’innovation digitale ?

Avec la prise de conscience quasi-généralisée des enjeux de la transformation « digitale », la plupart des entreprises ont commencé à intégrer le digital dans leur façon de penser et de travailler.
Effectivement, jamais dans l’histoire des entreprises et des marques, les directeurs marketing n’ont eu à leur disposition autant d’outils et d’opportunités pour tester et déployer de nouveaux concepts ou de nouveaux business. Et, cela en grande partie grâce aux nouvelles technologies et au catalyseur qu’est Internet.
L’heure est, alors, venu de se demander si nous pouvons tout nous permettre au service de l’innovation digitale ?

 

L’innovation digitale : un secteur où tous les coups sont permis

 

Un marché en plein développement

Il est tout d’abord important de mentionner que le digital est un marché conséquent et en pleine croissance.

De ce fait, selon DigiWorld Yearbook, on anticipe qu’en 2016, le chiffre d’affaires total de ce marché devrait atteindre les 3 663 milliards d’euros, soit une hausse de 16%.
Aussi, le marché du digital représente à l’échelle mondiale un secteur porteur, en terme de création d’emplois, de richesse, de PIB, d’élévation du niveau de vie … La recherche à l’innovation constante permet, donc, le maintien de ce cercle vertueux.

De plus, toute création de marché a un rôle important à jouer sur l’avenir des pays.
Néanmoins, on observe que l’apport positif du marché du digital intervient notamment pour les pays en voie de développement ou pour les pays déjà développés.

 

Un virage stratégique majeur pour les entreprises

On remarque que de plus en plus chaque jour, le digital représente un virage stratégique majeur pour les entreprises. Il faut, alors, repenser son organisation afin de booster la créativité et proposer des expériences inédites aux consommateurs.

Effectivement, face à la concurrence accrue des marchés et à l’uberisation de la société, les entreprises considèrent dorénavant l’innovation digitale comme une composante clé de leur transformation car elle permet d’améliorer l’expérience client.
Aujourd’hui, pouvoir suivre le client dans son intention d’achat jusqu’au paiement du produit voire jusqu’à l’après-vente est devenu réalité.

Et, avec à tous les nouveaux outils dont disposent les marques, les consommateurs se voient satisfaire leurs besoins de façon accessible et rapide et ce grâce, par exemple, aux sites de e-commerce, au paiement sans contact, au SAV en ligne etc. Les lunettes de réalité augmentée, les objets connectés, les casques virtuels vont permettre d’établir une relation encore plus intime avec les clients.

De plus, demain l’arrivée des interfaces Hommes-Machines, des intelligences artificielles, des objets 3D pourraient encore renforcer cette intimité.

Par conséquent, entreprendre au service de l’innovation est nécessaire et obligatoire pour la survie des entreprises car si la technologie a un véritable impact sur le marketing, elle le fait avant tout dans la continuité pour permettre à une fonction de s’adapter à son époque et à ses clients.

 

Un portefeuille dématérialisé

Après avoir parlé des relations « entreprises-clients », il est important de mentionner l’exemple des banques.
Effectivement, grâce au digital, celles-ci, sous validation de l’État, ont créé la dématérialisation de la monnaie, la monnaie scripturale. Cette monnaie contient des avantages non contestables comme le règlement à distance sans déplacement physique des partenaires de l’échange, des garanties plus fortes de protection contre le vol ou la perte, des traces dans la comptabilité bancaire qui peuvent servir de preuves en cas de contestation, la facilité de virements et prélèvements informatisés …

Le digital créé, ainsi, pour les clients des sociétés bancaires un certain confort financier, ce qui sera renforcé dans les années futures grâce à l’innovation.

 

Des hommes plus informés, plus connectés, plus éthiques

De nos jours, nous ne pouvons pas faire l’impasse sur l’innovation digitale et notamment sur l’arrivée des réseaux sociaux qui poussent les hommes à être toujours connectés les uns avec les autres mais aussi, avec l’information en temps réel.
Ils font de nous des êtres plus à l’écoute du monde extérieur, nous transformant à certaines occasions en des personnes plus éthiques.

On voit notamment à travers de nombreux exemples, que les réseaux sociaux nous poussent à la solidarité des êtres l’un envers les autres, que ce soit dans le cadre d’une disparition grâce aux différents avis de recherches postés et partagés en masses sur les diverses plateformes : Facebook, Twitter … ou encore, l’exemple, le plus frappant de l’actualité : les récents attentats français. Comme on a pu le remarquer les individus se sont mobilisés afin d’aider et donc, de ne pas laisser les plus touchés seuls ou dans le besoin. Pour cela, certains messages tel que «Si vous avez besoin d’un abri, y a la hashtag. Sending y’all love.» ont vu le jour.

Et, même si certains critiquent l’envahissement des réseaux sociaux dans notre quotidien, on peut, malgré tout se rendre compte que leur création est utile et qu’ils constituent, aujourd’hui, une extension de nous même. Et, nous devons ce phénomène à l’innovation.

 

Un impact vital

La créativité digitale montre, actuellement, toutes les nouvelles initiatives mondiales émergentes qui impactent notre façon de vivre, de communiquer, de s’informer, de s’éduquer, de travailler et de consommer.

Baguettes-baidou-kuai-souPar exemple, un objet connecté, plutôt inattendu, à vu le jour, les baguettes Baidou Kuai Sou, issues de Chine. Elles détectent la « mauvaise » nourriture, telle que la présence d’huiles contaminées, ou encore, mesurent la température et l’acidité des aliments. Cette création est la conséquence de la tendance des objets connectés et des scandales alimentaires qu’à connu la Chine. Ce produit aura donc, pour objectif de protéger des dangers alimentaires.

Également, et toujours dans le registre santé, on trouve une application mobile eHealth qui permet aux fonctionnaires du ministère de la Santé du Nigéria de suivre en temps réel l’apparition des cas d’Ebola. L’application mobile Sense Ebola Followup réunit les données géo-localisées du nombre de personnes touchées par le virus mortel. L’application permet de prendre les mesures en temps réel, afin de protéger la population. Contre le virus Ebola, le temps est un facteur clé. Trop souvent, le délai de reporting des symptômes empêche une prise en charge efficace et le déploiement des moyens ciblés et adaptés sur le terrain.

Grâce aux innovations précédentes, on remarque que l’innovation est plus que nécessaire, elle peut être vitale.

Nous sommes, donc, en mesure de penser que nous pouvons tout nous permettre au service de l’innovation, car toutes innovations constituent une pierre à l’édifice en terme de recherche et de développement, de libre circulation de l’information, d’éducation, de santé, de facilité de consommation etc.

Néanmoins, tous les bienfaits évoqués précédemment peuvent être contestés et l’apparition de nouvelles techniques de marketing et de communication issues du digital remettent, actuellement, en cause les bienfaits de l’innovation.

 

L’innovation digitale : où va-t-on ?

De nos jours, avec le progrès de la performance du digital, certains aspects nous dépassent.

 

Les limites d’un marché comme un autre

Lorsque nous abordions le marché du digital de manière économique, il était aussi, important de mentionner que si celui-ci est porteur en terme de création d’emplois, il est également, destructeur de ceux-ci. En effet, si le digital créé de l’emploi, il le fait notamment sur des postes qualifiés, laissant pour compte les emplois qui le sont moins.
Il est, donc, très difficile de quantifier et qualifier cet apport.

 

Un portefeuille qui s’effrite

Concernant la contribution du digital sur la monnaie scripturale et sur notre rapport avec les banques, nous pouvons dire que malgré tous les avantages que cela nous apporte, nous devenons, dorénavant, dépendant des sociétés bancaires. On le constate notamment, avec les crédits bancaires, les plafonds de prélèvements, les frais généraux …
Le digital nous a, donc, soumis à une soumission financière, dont nous avons du mal à nous détacher.

 

Des entreprises qui exploitent

À propos des relations entre les entreprises et les hommes, nous sommes à même de constater que si l’expérience client est maximiser, elle à un coût non éthique. En effet, avec l’apparition de nouvelles techniques de marketing et de communication issues du digital et plus particulièrement des techniques de reciblage publicitaire et du remarketing, le rapport entre l’homme et l’univers digital est devenu complexe.
Par exemple, suivre le parcours d’un internaute pour lui proposer des publicités ciblées sur ses centres d’intérêts est devenu pratique courante de la technique du reciblage publicitaire.
En effet, celle-ci en proposant des publicités en adéquation avec son internaute, espionne l’intéressé sur ses usages, ses habitudes, ses recherches etc.

Ceci, va encore plus loin, aujourd’hui, avec le tracking, qui permet de savoir quels sites et quelles pages les internautes ont visités précédemment. C’est le rôle des cookies, ces petits fichiers qui enregistrent vos entrées sur chaque site. Grâce à eux, vous serez accueilli, lors de votre prochaine visite, avec un message personnalisé tel que : « Bonjour Madame… grâce à votre fidélité, vous avez droit à 5 % de réduction… ».

Nous ne sommes, donc, pas invisible sur le net et les annonceurs en profitent pour nous vendre mieux et davantage.

Le digital pousse donc, au capitalisme et à la « non protection » de la vie privée.

C’est, également, le cas de la collecte de data de la part des entreprises. En effet, ces dernières récoltent nos informations : nom, âge, sexe, mail, CSP … et les utilisent à des fins économiques ou les vendent, pour certaines. Malgré tout, la CNIL permet aux internautes d’agir pour la protection de leurs propres données. Néanmoins, ceci est encore à contrebalancer puisque, en effet, tous les internautes ne disposent pas des connaissances nécessaires pour être averti des pratiques de recours.

Les réseaux sociaux, quant-à-eux, profitent de la « naïveté » des internautes qui post à foison du contenu personnel telles que des photos, des vidéos, des informations identitaires (âges, sexes, intérêts …) et les conservent. Les entreprises créent, donc, un nouveau business reposant sur un produit : « les êtres humains » et nous rendent complètement dépendant de la consommation, consommation non choisie par les hommes pour eux-mêmes mais par les marques pour les hommes.

Aussi, jour après jour, des nouvelles techniques comme le native advertising, confirme encore ce principe, en créant de la publicité plus ou moins cachées. Ainsi, les marques entrent dans notre façon de penser, de vivre et nous asservissent, ce qui ira de mal en pis.

 

Mais alors … On répond quoi ?

Répondre de façon convaincue à la question « Peut-on tout se permettre et/ou tout oser au service de l’innovation digitale ? » est une tâche difficile à remplir.

Effectivement, si à plusieurs points de vue le digital contient des avantages, on remarque qu’il contient aussi, un certain nombre de méfaits.

En somme, dans un cas, l’innovation permet la création de richesse et d’emplois, l’amélioration de l’expérience client pour les entreprises, le développement du vivre mieux, de l’éducation, de la santé … ainsi, que la libre circulation de l’information. L’innovation est une composante clé du bon fonctionnement de la mécanique du système actuel.

À contrario, le marché du digital modifie complètement le marché établi précédemment avec cette ère et peut même s’avérer destructeur, en terme d’emplois, c’est-à-dire en remplaçant les emplois non qualifiés par les emplois qualifiés, comme nous l’avons vu précédemment. Il nous rend, également, assouvi aux marques à cause des nouvelles techniques de marketing et de communication issues du digital et la protection des données devient quant-à-elle difficile.
Néanmoins, ces nuisances peuvent être facilement étouffées, si un cadre législatif se met en place de façon plus invasive, c’est-à-dire en contrôlant et/ou en interdisant ces nouvelles pratiques et ce en privilégiant la protection des êtres, tout en laissant le marché suivre son cours.

Et, comme le dit Peter Drucker, consultant en management d’entreprise, auteur et théoricien américain : « L’innovation requiert la volonté de considérer le changement comme une opportunité » et, par conséquent, non comme une menace.

Nous pouvons, donc, tout nous permettre et tout oser au service de l’innovation digitale, si celle-ci est encadrée par la loi.

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