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L’addiction aux réseaux sociaux existe-t-elle ?

1H45*. C’est le temps que passe en moyenne une personne sur les réseaux sociaux par jour. Ce chiffre dépasse largement les 1h45 pour les plus jeunes, notamment ceux nés entre 1995 et 2005. Parmi les plus utilisés ont retrouve sur le podium ; Facebook, Instagram et Twitter. Ces dernières années quelques chercheurs se sont penchés sur les effets que provoquaient cette hyper-connexion sur notre cerveau et notamment les dangers qu’ils pouvaient créer sur la santé mentale des adolescents.

Comment expliquer la dépendance ? Être dépendant c’est avoir une conduite qui repose sur une envie irrépressible et répétée de faire ou de consommer quelque chose malgré les efforts pour arrêter. Si le terme est souvent utilisé pour parler des personnes ayant une addiction aux drogues, il n’est encore que très peu associé au monde du virtuel comme les jeux vidéos ou les réseaux sociaux. 

Pourtant, nous avons vu l’apparition d’un nouveau mot traduisant parfaitement la place qu’à pris  notre smartphone et donc les réseaux sociaux dans notre vie ; la nomophobie. La peur irrationnelle d’être séparé de son portable, nous poussant même parfois les à dormir avec notre portable et à ne jamais l’éteindre. 

Jean Twege, professeur en psychologie à l’Université de San Diego, étudie depuis plus de 25 ans les différences de santé mentale entre les générations. Sa dernière étude révèle que depuis 2012, la fréquence des rencontres entre les jeunes, le nombre d’adolescents ayant déjà eu des rapports sexuels ou un simple rendez-vous sont en baisse. En parallèle, le nombre d’adolescents fréquentant les réseaux sociaux, dépressifs ou se sentant isolés sont en hausse. Ils existent donc une corrélation entre réseaux sociaux et smartphone, néanmoins aucune causalité n’a encore été prouvée. 

Selon le professeur Twege, notre société connait la pire crise de santé mentale chez les adolescents. En effet,  ceux-ci ont grandi avec un smartphone à la main et les réseaux sociaux devant les yeux. Difficile pour eux de ne pas être connectés.

Toujours celui lui, c’est la consommation passive des contenus qui est dangereuse. L’adolescent se met dans une position de scroller, il passe en revue tous ses fils d’actualité et ce continuellement, il n’est plus alors dans le partage ou l’échange mais dans la comparaison avec les personnes qu’il suit. Dans ce flux de contenus, il peut aussi bien voir la vie de son pote que d’un influenceur du même âge qui vit aux États-Unis. Les mises en scène de leurs quotidien lui revoit une image négative de lui-même. Il jalouse alors ses pairs, perd de l’estime, de la confiance en soi et s’engouffre dans un cercle vicieux. Il continue de scroller sans s’activer à faire autre chose.

Des chercheurs au National Institute On Drug Abuse ont démontré que les effets des réseaux sociaux sont proches de ceux des substances addictives telle que la cigarette. À l’exception que le circuit de la récompense est variable en fonction des contenus que l’on regarde.

Deux questions se posent ; les effets des réseaux sociaux affectent-ils tous les adolescents ? Ou seulement les plus fragiles, les plus « fragiles » ?

 

*Chiffres communiqué par National Institue On Drug Abuse en 2017

 

Marie Proix

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