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Facebook ou la mort

Quand les réseaux sociaux poussent au suicide

FacebookCe mercredi 23 octobre, les parents de la petite indienne Aiswarya Dahiwal âgée de seulement 17 ans, découvrent leur fille pendue dans sa chambre. La raison ? Ses parents lui avaient interdit de se connecter au célèbre réseau social Facebook. Ils trouvaient que leur fille passait trop de temps derrière son ordinateur au détriment de ses études. Après qu’on lui ait refusé l’accès à son réseau social favori, Aiswarya s’enferme dans sa chambre et se pend. Elle laisse tout de même un mot pour expliquer son geste : elle n’arrivait plus à endurer la pression scolaire et cette privation de Facebook fut pour elle l’élément de trop.

Malheureusement, le cas de la petite Aiswarya n’est pas un cas isolé. Si l’engagement démesuré et la surconsommation des réseaux sociaux chez les jeunes populations ne sont plus à démontrer, on remarque dans de nombreuses régions du monde une corrélation entre la montée du suicide ou de l’isolement  d’un individu et la montée en puissance des nouvelles technologies dans la région. Pourtant, il n’est pas question depuis la création de toutes ces nouvelles technologies de nier ces nouvelles formes de communications  qu’elles génèrent, ni même leur succès auprès des individus. Depuis leur développement, les nouvelles technologies ont incontestablement augmenté le nombre d’échanges et d’interactions entre les individus. Cependant, si les nouvelles formes de communications garantissent plus de liens, elles n’en garantissent pas nécessairement des liens de « qualité », durables et solides.

Les réseaux sociaux et pas de vie sociale

Si le principe même de l’utilisation des réseaux sociaux le voudrait, cette hyper connectivité des individus n’est pas nécessairement créateur de lien social. Il nait donc un paradoxe de cette surconsommation des réseaux sociaux.

En dressant le portrait des individus que l’on pourrait qualifier de suicidaires ou encore des individus considérés  comme « outsiders » de la société, en s’intéressant de plus près à leur vie sur le net, on peut parfois distinguer des profils bien différents. Une des raisons peut être, la confusion provenant notamment de tout le vocabulaire, parfois bien illusoire, employé par et sur les réseaux sociaux. Si l’on a des « amis » sur Facebook ou encore des « followers » sur Twitter, il est très facile  de paraître aux yeux de la communauté des internautes et de la société dans sa globalité, comme des êtres sociables et épanouis et ce malgré le fait qu’une majorité d’individus en connaissent les règles. Un « ami » facebook peut être une connaissance, un voisin, un collègue… Cependant, cette nouvelle définition du mot « ami » vient bouleverser l’utilisation et la considération du terme en lui même. Si un ami exprimait à l’origine la présence de liens forts et durables entre individus, l’ami des réseaux sociaux  peut  être un simple contact pouvant faire ou ne pas faire partie de votre vie. Par exemple, une bonne vieille habitude veut que nous prenions des nouvelles de nos amis, sur Facebook, la simple consultation du profil de l’ami suffit à entretenir cette bonne vieille habitude. Le risque étant, lorsque ces deux notions se confondent, que l’individu puisse se retrouver à agir envers ses amis réels comme avec ses amis Facebook.

En réalité, dans ce type de situation, certaines personnes ayant en principe une vie sociale bien remplie se retrouvent en quelques sortes à diminuer leur lien social. En effet, si je peux savoir en permanence ce que font mes amis, si je peux les joindre à n’importe quel moment et si je peux les voir via n’importe quel application vidéo, je pourrais être amené à diminuer le nombre de rencontre physique avec ces derniers, parfois même à ne plus aller à leur rencontre.

Les « faux amis Facebook »epidemie-de-faux-amis-sur-facebook-300x200-le-matin.ch_

Il n’est pas question ici de considérer l’ensemble des amis Facebook comme un ensemble de relations futiles et sans importance. Il est bien sûr évident que pour la plupart des « Facebookers », les premières amitiés créées sur Facebook  sont celles déjà existantes dans notre entourage. Cependant, ce sont celles qui viendront s’y ajouter qui amènent à cette vision illusoire sur notre nombre d’amis. Si l’individu déclare avoir 10 amis dans la vie, il en aura forcément plus sur son compte Facebook.

 Mais que nous apporte réellement ce type de réseaux sociaux ? Des amis ? Du soutien ? De l’écoute ? Pas à en croire l’expérience de la britannique Simone Back âgée de 42 ans qui annonce le jour de noël son suicide par un post sur Facebook : « Pris tous mes médicaments serai bientôt morte bye bye tout le monde ».Ce « post » générera 148 commentaires pourtant aucun de ses « 1048 amis » Facebook ne lui viendra en aide ni même alertera les secours. Selon sa mère, certains de ses contacts n’habitaient qu’à quelques pas de chez elle.

L’histoire de cette britannique appuie bien cette théorie selon laquelle  un ami Facebook reste un ami Facebook et qu’il n’est pas possible de transposer ce terme aux types de relations amicales existantes dans la « vie réelle ».Cependant, ces relations entretenues virtuellement ont bel et bien des conséquences de l’autre côté de l’écran. Elles peuvent souvent s’exprimer par des conséquences bien tristes comme la dépression, l’isolement, la victimisation ou le suicide. Mais le caractère virtuel de ces relations ne nous permet pas forcément de nous rendre compte de ces conséquences qui elles, sont bien réelles.

 

 

1 Comment

  1. Céline Dupuch (@celinedupuch)

    Félicitation pour cette première parution !!

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