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Comment la 5G va révolutionner notre quotidien?

Alors que la 4G n’est pas encore déployée et accessible partout en France, la 5G pointe le bout de son nez, ou du moins fait couler beaucoup d’encre.
Prévue pour la fin de l’année 2019, la 5G s’annonce comme une vraie révolution technologique pour notre quotidien du futur. Mais quels changements concrets va-t-elle provoquer dans la vie des Français ?

Avant de se demander par quoi va se traduire ces changements et les usages qui en découlent, faisons un petit point rapide sur la 5G.
Selon Wikipedia, la 5G est la « cinquième génération de standards pour la téléphonie mobile, faisant suite à la 4G+ ». Les générations précédentes, la 3G et la 4G, avaient pour objectif d’améliorer la vitesse afin de mieux supporter l’utilisation croissante de l’Internet mobile. La 4G permet ainsi des débits pouvant atteindre les 300 Mbit/s.

Alors, pourquoi, face à de telles performances, a-t-on besoin d’un nouveau réseau ?

La vraie différence avec la 5G est dans son objectif : il n’est pas réellement question de répondre à un besoin actuel, mais à un besoin futur. Imaginons l’état de la technologie dans 10 ans ou même 5. On peut facilement envisager que nous utiliserons de manière systématique et quotidienne des milliards d’objets connectés, la réalité virtuelle et augmentée, des drones et robots, mais aussi des voitures autonomes.
La 5G est spécialement conçue pour répondre à ce besoin futur, cette « hyperconnectivité » qui sera essentielle et omniprésente dans notre quotidien. Un réseau super puissant, qui ne saturerait pas et qui s’adapterait aux évolutions d’usage et à leurs exigences.

Mais concrètement, qu’est-ce qui va changer ?

La 5G promet un débit 100 fois supérieur à celui de la 4G actuellement.
5 secondes, ce sera le temps qu’il faudra à notre smartphone pour télécharger un film en HD. Les débits devraient être en moyenne autour de 20 Gigabits par seconde. Parfait pour la 4K, la réalité augmentée, virtuelle, les voitures autonomes, ou simplement pour notre consommation débordante de vidéos sur smartphone.

Ensuite, la deuxième ambition majeure, c’est la réduction le temps de latence qui est présent aujourd’hui dans la transmission des données, pour une meilleure réactivité. Ce temps de latence passera d’une demi-seconde à moins d’une milliseconde. Certes une demi-seconde peut paraître peu, mais c’est pourtant beaucoup trop pour une voiture autonome qui risque alors un potentiel accident, par manque de réactivité dans un embouteillage, autoroute ou autre situation imprévisible. Plus globalement, la réactivité du réseau sera pour le moins essentielle lors d’une utilisation d’objets connectés en rapport avec notre santé ou sécurité, comme les interventions médicales à distance, les trajets en voitures connectées ou encore la gestion de l’énergie en temps réel.
On peut alors imaginer des milliards de capteurs connectés dans les villes et infrastructures, ou encore sur les voitures pour qu’elles communiquent entre elles. Tout une architecture qui doit être pensée et réfléchie.

Enfin, malgré une consommation toujours plus forte de vidéos streaming ou 360, et de réalité virtuelle ou augmentée, qui nécessite une amélioration de la vitesse du débit, la 5G se devra aussi de penser au bas débit. En effet, la nouvelle génération permettra de diminuer la consommation d’énergie des objets connectés et smartphone, et ainsi de fonctionner dix fois plus longtemps entre deux charges.

Et aujourd’hui, où en sommes-nous ?

En terme de timing, nous verrons les premières expérimentations « grandeur nature » en 2018, durant les Jeux Olympiques de PyeongChang en Corée du Sud. Chaque participant, spectateur, ou encore journaliste pourra se connecter en 5G, probablement via des hotspots.
Puis c’est en 2020 que l’exploitation commerciale du réseau nouvelle génération devrait commencer, avec une éventuelle première commercialisation de smartphone à ce moment-là.
A noter que, pour le moment, Orange est le seul opérateur français engagé dans un partenariat pour la mise en place de la 5G.

Mais tout cela ne semblerait pas un peu trop beau pour être vrai?

Certes ces changements s’annoncent révolutionnaires. Mais il faut tout de même être réaliste : en France, la 4G n’est même pas encore disponible partout, que ce soit dans la capitale ou ailleurs, nous avons déjà tous subi une absence (en campagne) ou saturation (en métropole) du réseau, qui nous a mis dans l’impossibilité d’envoyer un mail, d’envoyer un message sur Messenger, de poster une photo sur Twitter, ou tout simplement de passer un appel. C’est malheureusement la réalité. Le déploiement des réseaux a toujours pris un temps considérable en France.
Et l’arrivée de la 5G risque d’accentuer ce « gap » entre les villes « connectées », et le reste de la France. Une naissance de smart cities au cœur des mégapoles, où les objets connectés domineront les marchés, contre des zones périurbaines ou rurales au débit lent et léger, reculées, privées d’une connexion de qualité, et donc totalement « déconnectées ».
Il faudrait ainsi être capable de garantir un déploiement égal, partout en France, et donc des investissements des opérateurs privés équitables et bien répartis. C’est ce qui avait été mis en place pour le déploiement de la télévision et de la radio en France.

Entre l’amélioration de la vitesse, la fin des latences et la réduction de la consommation énergétique, la 5G s’annonce comme une belle révolution dans notre quotidien de 2020.
Mais comme les précédentes arrivées de nouvelles générations de réseaux, la 5G devra passer obligatoirement par l’étape cruciale de la compétition entre opérateurs téléphoniques qui souhaiteront être les premiers à utiliser et exploiter pleinement ce nouveau réseau.

Et si la France veut en bénéficier pleinement, un long chemin reste encore à parcourir.

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