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Télévision : les enjeux du second écran

Un seul écran ne suffit plus à notre consommation télévisuelle : plus de trois quarts des gens consultent un autre écran quand ils regardent la télévision et aux États-Unis 40% le font déjà tous les jours. Parmi eux 46% en profitent pour aller papillonner sur les réseaux sociaux et selon Mesagraph le nombre de tweets autour de la télévision en France serait passé de 3 à 8,2 millions entre juin 2012 et mars 2013.

Que celui qui n’a jamais live-tweeté La Belle et ses Princes me jette la première pierre.

 

L’offre second écran

C’est à partir de ce constat que les chaînes ont développé le concept de « second écran », l’enjeu est ici de trouver un moyen d’exploiter ces conversations parallèles et de récupérer l’attention des téléspectateurs en proposant plus de contenu et en permettant à l’internaute d’interagir avec les programmes. Ces services permettent aussi d’identifier clairement l’audience et de la connaître afin de lui proposer un service plus qualitatif et adapté à ses attentes, mais aussi de pouvoir proposer aux annonceurs une audience mieux ciblée.

L’enjeu est ici de ne pas perdre l’engagement de leur audience car comment expliquer les coûts publicitaires si plus personne ne regarde la télévision pendant la diffusion des programmes

Cette notion d’engagement est la première mise en avant par les chaînes. Puisqu’elles comptent sur la réaction de ce dernier afin d’interpeler les autres téléspectateurs connectés… et promouvoir le programme.

 

« Retrouver une ambiance de bar » selon la Fox

L’autre ressort d’action va être la génération d’une communauté.
Le sport reste l’évènement principal en terme de social TV mais suivi de très près par la téléréalité puisqu’elle déchaîne tout autant les foules. Ce sont les programmes les plus à même d’être partagés puisqu’on a envie de partager, critiquer, s’indigner… Le second écran offre ce degré d’interactions de son salon.

De plus, les structures de l’audience identifiées sur Twitter sont très révélatrices et présentent de nombreuses similarités avec les structures d’audience TV, ce qui permet d’avoir une idée très proches de la réalité bien avant les résultats.

 

Quelques exemples de l’utilisation du second écran sur les télé-crochets :

Le 5ème coach

Impossible de vous parler télévision et interactivité en ce doux mois de janvier sans vous parler de The Voice, qui nous propose par le biais de MyTF1 de devenir le 5ème coach de l’émission.

Bim. Comme ça.

5 coach

Fermez les yeux, ouvrez grand les oreilles.

Bien assis au fond de son fauteuil, le chat sur les genoux et smartphone en main on attend patiemment 20:50. Le générique retentit et nous voilà prêts à jouer : lors du passage de chaque talent, nous devons deviner quel coach celui-ci rejoindra pas (ou pas), puis ensuite décider s’il rejoindra notre propre équipe. Les épreuves évolueront au fil de l’émission, nous pourrons ensuite désigner un vainqueur lors des battles.
En dehors de la diffusion, des extraits inédits sont proposés et nous devons deviner si le talent sera « buzzé ».

Avec le bon fauteuil, on s’y croirait presque.

Cependant ce dispositif, aussi prenant soit-il reste très individuel et ne nous permet pas d’avoir un quelconque effet sur le programme.

 

#NSoui et #NSnon

Nouvelle Star a lancé un dispositif web inédit en France lors du prime du 2 janvier dernier : les téléspectateurs seront invités à donner en direct leur avis sur les prestations des candidats à partir du site D8.tv, des applications mobile et tablette de D8 et des réseaux sociaux.

Pour ceux qui ne sont pas familier avec le concept de Nouvelle Star : un candidat entre sur scène, chante une chanson, bien ou mal, et à la fin de celle-ci les quatre membres du jury lui attribue une « note » : un rouge ou un bleu. Bon pour la signalétique, ça me paraît plutôt clair. Cependant cet avis n’est donné qu’à titre informatif puisque c’est les téléspectateurs qui décident qui « quittera l’aventure ce soir » en votant par téléphone ou sms, de manière payante.

Ce nouveau dispositif de vote par internet n’est donné qu’à titre indicatif et permet… d’annoncer la tendance. Il donne aussi la satisfaction aux internautes de voir s’afficher la note de ce vote pendant le prime, au dessus de la tête du candidat, telle l’épée de Damoclès.

 

De nouveaux formats adaptés à ce mode de consommation

Ce nouveau système de vote en direct donne ainsi naissance à de nouveaux formats : M6 a récemment fait l’achat d’un télé-crochet israélien d’un tout nouveau genre, « Rising Star« , où le candidat est soumis au vote du public en direct via une application.

Concrètement ça donne quoi ?

Les candidats se placent face à un mur interactif sur lequel apparaîtra les photos des internautes ayant voté pour eux. S’ils réussissent à atteindre les 70% de votes, le mur se lève et leur permet de chanter face à un vrai public.

Pour se faire une idée (et un peu de Simon & Garfunkel), c’est par ici :


Rabbi Brothers perform The Sound Of Silence on…

Pas à pas, la participation du public se fait de plus en plus présente, au point d’influencer le contenu ou la conception d’un programme.

 

Vers un nouveau système de monétisation ?

Ces nouveaux modes de consommation remettent aussi en cause tout un système de monétisation puisque à l’avenir les votes seront amenés à être enregistrés gratuitement par les réseaux sociaux et applications. Les chaînes devront alors miser sur d’autres sources de revenus pour compenser ces pertes. Elles miseront très certainement sur une connaissance quasi parfaite de leur audience afin de promettre un ciblage de qualité aux annonceurs.

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