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Facebook : une entrée en bourse fatale ?


Prévue le 18 Mai, l’introduction du réseau social aux 900 millions d’utilisateurs est un événement mondial sur la place Boursière. En prévoyant de lever jusqu’à 10,6 milliards de dollars grâce à 337 millions d’actions à un cours unitaire de 28 à 35 dollars, la société établirait un record d’introduction en bourse sur les titres internet. Des estimations tableraient au final sur une capitalisation boursière de plus de 100 Milliards de Dollars. C’est Ricardo Savrin qui doit bien rire jaune là.

Entre vous et moi, je ne suis pas un expert de la finance et je laisse les professionnels vous expliquer  les rouages d’une telle opération. Mais si vous voulez mon avis, il est étonnant de voir un afflux aussi massif de capitaux alors qu’ailleurs, les titres virent au rouge et sèment la panique. Nous avons eu la bulle internet, la bulle immobilière et j’en passe. Attendons-nous maintenant à voir surgir Jean-Pierre Gaillard pour nous pleurer la bulle « Social ». Mais ici n’est pas le point.

Devant son succès, la start-up Californienne avait déjà commencé à troquer sa tunique d’entreprise « Cool »  pour celle du « Profit ». Et c’est bien normal car un tel succès mérite récompense.

 

 OUI CA MERITE RECOMPENSE MAIS FAUT PAS VOIR LES YEUX PLUS GROS QUE LE VENTRE !!

 

 Gare à l’indigestion. Car si ce succès s’explique en partie grâce à l’évolution des fonctionnalités du réseau social, la principale valeur ajoutée provient des adhérents, de leurs informations personnelles et de leur activité sur le site. Ainsi, il ne faut pas oublier que les 4,6 milliards de dollars du chiffre d’affaire 2011 proviennent à plus de 80% de la publicité. Une décroissance de l’activité des membres, au pire une défection de la communauté, serait fatale pour Facebook.

 

En entrant dans le grand monde impitoyable de la finance, dédicace à Jean-Luc Mélenchon, Facebook va devoir se plier à ses exigences. Résultats et rentabilité sont deux mots indispensables pour donner confiance aux actionnaires. Et comme la patience est une vertu qui se perd quand on parle gros sous, va falloir que Mark et son board se retroussent les manches pour augmenter les rentes. Si Facebook ne comble pas les attentes faramineuses de ses actionnaires, le titre de la société ressemblera à une patate chaude qu’on se transmet en file indienne. Vous connaissez la fin de l’histoire.

 

TU DIS N’IMPORTE QUOI MARK Y VA PAS VENDRE SON AME AU DIABLE POUR POUVOIR S’ACHETER UN 42ème YATCH

 

Oui c’est vrai. Mark fait partie de ces têtes dures et bien remplies qui ne se laissent pas faire. Demande à Ricardo Savrin. Et le minot, oui parce que dans le monde boursier s’en est un, est encore un type à la cool. En témoigne le rachat, surcôté, de Instagram pour 1 Milliard, qu’il a mené personnellement. Alors pas question de flancher.

Pourtant, Mark a un problème, un gros problème. Les revenus publicitaires proviennent essentiellement, pour ne pas dire exclusivement de la version « ordinateur » de Facebook. Or, sur ce support la fréquentation s’essouffle, à tel point que le réseau social trouve sa croissance dans sa version mobile, qui peine jusque là à être profitable. Le modèle économique de Facebook est donc très fragile et ne doit son salut qu’au dynamisme de ses abonnés. Pour résoudre son gros problème, Mark à deux choix : Faire plus de publicité aussi bien en valeur qu’en volume ou alors diversifier ses sources de revenus. Dans tous les cas, va falloir faire avaler la pilule aux abonnés.

 

 

Parce que le nœud du problème, c’est bien les abonnés. Une bonne partie d’entre eux, chez les early-adopters, a déjà exprimé son mécontentement vis à vis de la politique de confidentialité de Facebook. Si aucun exode massif n’a été à déplorer, il n’en résulte pas moins que la confiance accordée au réseau social en a pris un coup. De plus, à chaque chamboulement de leurs habitudes, les membres font sentir leur désaccord avec véhémence. En témoigne, la vague de mécontents lors du changement de format de la timeline.

 

 MOI J’AI TROUVE CA COOL. ET TOC !

 

Blague à part, on peut se demander si le seuil de tolérance de changement des membres sera atteint si Facebook augmente la pression publicitaire. On peut supposer que oui si l’objectif affiché de Mark, qui sera de faire du cash, se voit dans l’agencement de la plateforme et de la priorité donnée aux marques. Parce qu’il ne faut pas oublier, si on est tous allé sur Facebook, c’était parce que c’était cool et surtout gratuit. Alors on t’en supplie, ne te saborde pas et si tu pars, ralenti ta chute avec un parachute doré.

Romain Tarillon / @RominNichel

 

 

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