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Les mèmes, ces nouveaux symboles de la culture digitale

Depuis quelques mois sur la Toile, le phénomène des mèmes s’amplifie de plus en plus. Les lolcats, nyan cats, troll faces et autres énergumènes ont envahi internet et ne cessent de faire de nouveaux adeptes. Vous ne savez pas ce que c’est ? Vous ne comprenez pas trop l’intérêt ? Nous sommes là pour vous éclairer.

Qu’est ce que c’est qu’un mème ?

Le « mème internet » est en réalité un phénomène, repris et décliné en masse sur internet. Techniquement il peut s’agir d’un hyperlien, d’une vidéo, d’un site, d’un hashtag, d’un concept… propagé par plusieurs personnes par le biais de réseaux sociaux, de blogs, de messageries, etc. Ils sont souvent popularisés par les sites communautaires américains tels 9GAG4chanSlashdot ou encore YouTube.

Pour faire plus simple, il s’agit de tout ce se répète sur les réseaux sociauxet ce que vous aimez partager auprès de vos amis pour les faire rire un peu. C’est surtout une histoire de répétition. C’est une image sortie hors contexte que l’on personnifie et que l’on utilise pour illustrer un thème.

Quelques exemples emblèmes de cette culture du n’importe quoi : les répliques cultes de Chuck Norris, Dramatic Chipmunk, Keyboard Cat (video ci-dessous), Nyan Cat, Gangnam Style, les Fails, SOON, Troll Face, Me gusta Face, Yao Ming et son « Bitch Please » ou encore Fry (personnage de Futurama) souvent aussi réutilisé.

 

D’où vient ce phénomène un peu étrange ?

En soi, pas de quelque chose de très élaboré. C’est un petit peu le reflet de notre culture qui refait surface petit à petit. Car la caricature, la moquerie, les parodies et autres humours sarcastiques en tout genre existent depuis bien plus longtemps que l’apparition d’internet.
De plus l’humain a toujours été un être égoïste et centré sur lui même. Il aime attirer l’attention sur lui et se faire remarquer auprès de ses amis (et maintenant de tout son réseau). Avant on ne pouvait faire des blagues qu’à notre entourage, mais c’était sans compter sur l’internet, nouveau haut lieu de la bêtise et du partage immodéré.

 

 

Quel a été l’élement déclencheur ?

Avec l’apparition du web et des sites communautaires, la création de contenu a radicalement changé. Avant il fallait se contenter d’observer ce qu’il se passait et en parler à ses proches. Désormais il est possible de produire son propre contenu avec très peu de moyens, de le diffuser très largement à nos contacts qui le partagent à leur tour. Il n’est plus question d’attendre que les marques créent le buzz avec leurs millions d’euros, l’important est maintenant de faire parler de soi-même sur la toile avec ses propres moyens pour devenir la nouvelle star du web.

 

 

Pourquoi est-ce une nouvelle culture ?

Techniquement, une culture est définie comme « ce qui est commun à un groupe d’individus » et comme « ce qui le soude ». Elle évolue dans le temps dans les formes des échanges et se constitue en manières distinctes d’être, de penser, d’agir et de communiquer. Créer des mèmes c’est donc s’inspirer de ce qui existe déjà sur internet, dont tout le monde parle et auxquels les gens s’identifient. La création passe aussi par l’identification des actualités qui font parler d’elles afin d’augmenter la pertinence de cette dernière.

 

 

Pourquoi est-ce que cela fonctionne ?

Les mêmes ne s’adressent pas à tout le monde. Demandez autour de vous, les personnes familières avec le terme sont souvent catégorisées de « geek ». Et c’est parce que le terme générique est employé par une génération et une catégorie d’internaute bien particulière : les trend-setters. Ils ont un avis sur tout, prennent plaisir à troller (taquiner cyniquement ou non) les autres sur les réseaux sociaux et à partager leurs dernières trouvailles sur le web. C’est à celui qui dénichera la meilleure et la première blague sur un sujet d’actualité tout frais. En quelques secondes, un film, un artiste ou une personnalité peut se retrouver en position de cible et devenir le nouveau mème tendance sur le web.

 

Par exemple, lors du saut de Felix Baumgartner pour la RedBull Stratos Experience, les premiers petits malins à avoir détourné les photos et créé des gifs (voir celui ci-contre, inspiré de la vidéo vue un peu plus haut) sur le sujet se sont retrouvés en position d’initiateurs d’idées.

Et si l’on en croit l’un des buts premiers de l’apparition des réseaux sociaux et du personal branding, l’ego et la mise en avant de soi est bien un évidement un des moteurs majeurs de la création de ces mèmes.

Et les exemples ne manquent pas : les détournements de nos politiques, les lolcats basés sur les photos de nos animaux préférés, les vidéos complètement folles de gens ridicules qui n’ont peur de rien… A peine le buzz est-il initié, que les mèmes commencent à fleurir un peu partout sur la toile.

 

Y’a t-il une opportunité pour les marques ?

Oui et non. Car le territoire des mêmes reste et restera toujours celui des internautes. Ce sont eux les spécialistes et ce sont ces derniers qui prennent le pouvoir. Les marques peuvent donc s’en inspirer, essayer de créer un certain lien d’affinité avec les internautes. Mais attention à ne pas être à côté de la plaque ! Le public n’est pas le même lorsqu’il s’agit d’aimer une marque et de s’amuser sur la toile. Mais cela peut aussi être un atout face aux sceptiques, aux grincheux et autres anti-pubs, qui eux seraient prêts à faire quelques efforts d’attention face à un discours un peu différent.

S’exposer au phénomène des mèmes est aussi synonyme de libre service concernant la production de contenu. Car créer un phénomène qui plait aux internautes, pour par la suite censurer et ne pas accepter d’être repris ou détourné, reviendrait à se tirer une balle dans le pied.

 

En conclusion ?

Il n’est pas vraiment possible d’analyser entièrement le phénomène des mèmes. La frontière entre le n’importe quoi et le reste des créations qui font le buzz est souvent très fine. Mais n’oublions pas que les mèmes sont à l’origine de certains mouvement ayant pris une place très importante dans la société, comme les Anonymous, devenus de véritables emblèmes, connus à travers le monde. Tout ce mouvement n’est donc pas simplement une vaste blague, il est important de s’y intéresser en tant que communicant afin de comprendre le rouages et les enjeux de ce dernier.

Il semblerait donc que tout cet écosystème digital n’en est qu’à son commencement et avec la multiplication des réseaux sociaux et des sites de partages, il sera de plus en plus facile de devenir à son tour le maître des mèmes

Vous commencez quand ? Rendez-vous sur  www.quickmeme.com/make/ et partagez vos créations !

Si vous souhaitez en savoir davantage, une super présentation slideshare sur les mèmes vous attend ici.

Thomas Martin

Aurore Widmer

1 Comment

  1. Katy

    I really like it when individuals come together and share views, great blog, keep writing.

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