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Le musée se réinvente à l'ère du numérique

v0_fullCela fait maintenant plus de 15 ans que les nouvelles technologies et les nouveaux moyens de communication sont utilisés en faveur de l’innovation muséale. Les années 2000 ont été marquées par l’apparition de nouveaux outils qui permettent aujourd’hui de redéfinir l’expérience du visiteur. Applications mobiles, sites internet, réseaux sociaux ou encore expositions virtuelles sont autant de moyens qui permettent de rendre les expositions plus interactives et plus attractives.

En 1975, le ministère de la culture signait la création d’une base de données des peintures des musées français. Depuis, de nombreuses initiatives n’ont cessé de voir le jour et bon nombre de musées se sont adaptés à nos nouveaux modes de vie. Selon une étude du CLIC, 81% des lieux culturels dits importants disposent d’un site Internet et 45% sont présents sur les réseaux sociaux.

Si pendant longtemps, la gratuité est apparue comme le principal levier de démocratisation de l’art et de la culture, le numérique a démontré qu’il pourrait avoir un rôle dans l’enrichissement des contenus et agir en faveur d’une médiation culturelle d’un nouveau genre.

 

Expositions virtuelles : les œuvres du monde entier à portée de clic 

Permettre aux internautes de découvrir depuis leur ordinateur ou leur mobile des collections artistiques du monde entier, c’était le pari osé du Cultural Institute de Google, lancé en 2011. Le géant du web s’est associé à des centaines de musées, d’institutions culturelles et d’archives pour héberger en ligne des trésors culturels provenant des quatre coins du monde. Sur la plateforme, les internautes accèdent à des photographies uniques en haute résolution et explorent l’intérieur de monuments tels que le Musée d’Orsay, la Maison Blanche à Washington ou encore le Musée national de Tokyo.

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Parfois, l’exposition virtuelle est le prolongement d’une exposition réelle. Elle pérennise le travail effectué par les conservateurs, historiens et experts et offre au public un accès permanent aux contenus qui figuraient dans l’exposition d’origine.

Mais ce n’est pas tout : elle permet aussi la mise à disposition de ressources complémentaires non présentes dans l’exposition réelle (interviews, archives, photos…) et devient ainsi un outil d’apprentissage incontournable. Cette pratique est courante pour La Bibliothèque Nationale de France qui met en ligne près de 70 expositions virtuelles autour des grands thèmes suivants : le livre et la littérature ; l’histoire des représentations ; les arts et l’architecture ; la photographie ; les cartes et les globes. Ainsi que 20 « livres à feuilleter », dont une majorité de manuscrits du Moyen-âge.

 

Des visites interactives et personnalisées  

Grâce aux écrans, aux tablettes et aux smartphones, l’immersion devient le maître-mot des expositions. Le visiteur est au plus près des artistes, de leurs œuvres et de leur univers. L’information n’y est plus linéaire mais interactive et les contenus y sont dynamiques.

musée3Au MONA (Museum of Old and New Art), l’incroyable musée de David Walsh en Tasmanie, les visiteurs sont munis d’un smartphone dans lequel une application dédiée à l’exposition est installée. Tout au long de leur parcours, un guide géolocalisé les renseigne sur les différentes installations du musée. Les visiteurs peuvent donner leurs avis au moyen d’un bouton « like » et d’un bouton « hate », une fonctionnalité qui ajoute une dimension sociale et participative à l’exposition, qui peut par ailleurs être optimisée grâce aux retours des visiteurs. Au sein du musée, ni guide ni cartel, les œuvres préservent leur authenticité et c’est sur leur smartphone que les visiteurs recueillent des informations complémentaires. Parfois même, ils doivent brancher leurs écouteurs pour entendre le son d’une vidéo de l’exposition. Chaque parcours devient unique, personnalisé et les objets prennent vie entre leurs mains.

Les nouveaux outils numériques renforcent la compréhension des musées. Le cadre médiateur classique est révolu et laisse place à une visite plus interactive, plus pédagogique mais aussi plus libre.

L’application mobile « Jardins de Versailles » montre à quel point la visite de demain sera nécessairement augmentée, simplifiée via les nouvelles technologies du numérique tels que la géolocalisation, le paiement sans contact ou encore le multi-écrans. Ici, le visiteur est alerté lorsqu’ils s’approche d’un point d’intérêt puis des contenus additionnels apparaissent dans une fenêtre virtuelle qui s’ouvre en superposition de l’image filmée par le mobile.  Téléchargé plus de 200 000 fois, ce service mobile répond à « un manque de médiation dans les jardins où les cartels explicatifs ne sont pas présents partout et où l’on ne prête pas d’audioguide », explique Laurent Gaveau, responsable des nouveaux médias au château de Versailles.

En 2011, le British Museum testait aussi un dispositif de réalité augmentée dans le cadre de l’exposition « Journey to the Afterlife : The Ancient Egyptian Book of the Dead »Les enfants munis de smartphone partaient à la recherche de différents indices dispersés aux quatre coins du musée, qui, une fois scannés, leur permettaient de visionner des objets archéologiques en 3D. Ce type d’initiative permet aux musées de dynamiser leurs contenus et de stimuler la curiosité des visiteurs. Le numérique ne se substitue donc pas à la visite réelle, bien au contraire, il la stimule.

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Les réseaux sociaux insufflent un air nouveau à nos musées

Les musées sont de plus en plus nombreux à investir sur les médias sociaux et la tendance qu’ont les internautes à privilégier les contenus visuels favorise l’émergence de l’art sur la toile. Le caractère participatif et social des médias sociaux permet aussi aux musées de se rapprocher de leurs publics. Ils y diffusent leurs informations pratiques, partagent des contenus exclusifs ou encore communiquent en avant première sur les expositions à venir. Les musées s’éloignent progressivement d’une communication institutionnelle trop formatée pour entrer en conversation et échanger avec les visiteurs, le but ultime étant d’aller chercher le public là où il se trouve. Les institutions culturelles peuvent désormais toucher de nouveaux publics, qui ne fréquentent pas habituellement les musées.

Capture d’écran 2014-04-14 à 23.33.50Le concours lancé récemment par le Grand Palais sur Twitter et Instagram témoigne de l’adaptation dont font preuve les musées pour coller au plus près des nouveaux comportements et modes de vie des individus. Grâce à l’application « La Fabrique Romaine », les internautes sont invités à se « selfiser » – comprenez un autoportrait photographique –, à photographier leurs amis dans l’univers antique d’Auguste ou à prendre la pause comme Livie. En partageant sur les réseaux sociaux leur photo accompagnée du hashtag #moiempereur, les participants peuvent remporter un laissez-passer pour l’exposition et surtout gagner un week-end à Rome.

Récemment, les musées et institutions culturelles européennes organisaient une initiative inédite : la première Semaine des Musées sur Twitter. Des centaines de musées européens se sont retrouvés autour de hashtags dédiés pour proposer au public des contenus exclusifs et inviter les internautes du monde entier à échanger autour de plusieurs thématiques. Au total, plus de 260 000 tweets ont été envoyés sur le réseau social et les musées ont considérablement augmenté leur visibilité online sur la période.

L’interactivité et la nature sociale du numérique ont fait de lui un allié précieux pour les institutions culturelles. Les musées interagissent avec de nouveaux publics et proposent de nouvelles expériences immersives à leurs visiteurs. L’espace physique semble préservé et la virtualisation prolonge l’expérience de l’exposition réelle. Une chose est sûre : les nouveaux supports numériques sont bel et bien de nouveaux terrains de jeu opportuns pour l’art et la culture. 

 

1 Comment

  1. institutculture

    Les musées sont à la pointe de la révolution numérique dans le secteur culturel! Merci poour cet article qui l’illustre une fois de plus !

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