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Le Crowdfunding : Décryptage

LE CROWDFUNDING

Le crowdfunding est une méthode de financement participatif permettant aux internautes de miser sur des projets prometteurs. À l’image du très médiatisé MyMajorCompany, un site français spécialisé dans l’univers musical, de plus en plus de site de co-production culturelle proposent d’aider livres, disques ou films à voir le jour. Une tendance qui prend de l’ampleur en France après avoir très bien débuté aux États-Unis.

Le principe est simple, regrouper des centaines d’internautes autour d’un projet qui les intéressent afin qu’ils participent financièrement au développement de celui-ci. Cette pratique a notamment été facilitée par le Web 2.0, un web communautaire, et par l’effervescence des réseaux sociaux. Le site américain «Kickstarter» a d’ailleurs été élu par le magazine Time meilleure invention 2010 et a déjà levé près de 200 millions de dollars et participé à l’aboutissement de plus de 20 000 projets.

Récemment, l’auteur Bret Easton Ellis (American Psycho) vient de s’inscrire sur le site pour financer un film dont il est l’auteur du script et dont le réalisateur devrait être Paul Schrader (Taxi Driver, Raging Bull). D’aussi grands noms qui se tournent vers le financement participatif est une preuve, s’il en faut, que cette pratique devient de plus en plus incontournable.

Le plus gros succès du site est d’ailleurs relativement récent. Il s’agit d’une montre connectée appelée «Pebble». La somme récoltée grâce au site américain est colossale : 9 millions de dollars ont ainsi été débloqués par des milliers d’utilisateurs.

En un temps record, le phénomène est devenu mondial et l’on compte aujourd’hui plus de 300 plateformes de crowdfunding dans le monde. Le plus célèbre exemple français est le site MyMajorCompany (MMC). Lancé en 2007, cette plateforme permet aux groupes et artistes de créer une page sur le site et de proposer ses chansons, ses clips afin que les internautes, si ils le veulent, participent au financement d’un possible futur album par palier de 10€. Une fois les 100 000€ nécessaires réunis, l’artiste signe un contrat chez le label qui lui donne les moyens financiers de réaliser son album puis d’assurer sa promotion et sa distribution.

Pour l’internaute, c’est une chance de recevoir un possible retour sur investissement financiers (à hauteur du financement initial) ou en cadeaux bonus (place de concert, rencontre avec l’artiste, exemplaire du produit…).

Loin de se cantonner au simple domaine musicale, il est aujourd’hui possible de trouver des sites de crowdfunding pour tous les types de «créateurs» : écrivains, sportifs, cinéastes, dont le seul point commun est l’aide indiscutable de leur communauté et de leur réseau. Cela démontre qu’une communauté, si elle est forte et engagée, peut boulverser la façon de produire des œuvres.

Finalement l’aspect financier n’est que révélateur de l’engagement du groupe autour de valeur ou de centre de valeur partagées.

Le crowdfunding établi un lien fort entre l’artiste et son public. En effet, il est rare que les internautes ayant participé au financement arrête de parler du projet une fois sa création rendue possible. Plus que producteurs, ils deviennent de vrais attachés de presse. Ils se mobilisent avant pendant et après la réalisation du projet, afin que l’œuvre qu’ils ont appuyée financièrement rencontre l’audience la plus large possible.

Pas encore une solution miracle, le crowdfunding est néanmoins une solution alternative nouvelle et originale qui permet en plus de supprimer les intermédiaires avec certains directeurs artistiques et de garder un peu plus d’indépendance sur ses projets.

Ce nouveau modèle économique prouve que la coopération d’une communauté virtuelle peut aboutir à la concrétisation de projets tangibles.

C’est sur cette base communautaire que se sont créées ces dernières années de nombreuses plates-formes envisageant le crowdfunding comme un mécénat du nouveau genre.

Forte de son succès, MMC a opté pour la diversification et propose désormais le financement de livres, via My Major Company Books, site développé avec les éditions XO. Elle n’est pas la seule sur ce créneau puisque le site Editions du public propose également de devenir co-éditeur.

Tous Coprod : vous permet d’investir dans le cinéma, que ce soit pour soutenir des petits films auxquels vous croyez ou pour compléter le financement de grosses productions. Tous Coprod propose de recevoir des dividendes sur les bénéfices éventuels, mais aussi tout un tas de contreparties en nature : DVD, VOD, invitation aux avant-premières, etc…

People For Cinema : La particularité de ce site, c’est qu’il n’aide pas à financer la production des films mais uniquement leur marketing et leur distribution.

Wiiseed est spécialisé dans le financement des startups, et vous propose de jouer au business angel. Wiseed a permis plusieurs levées de fonds.

Sandawe : Lancé par Patrick Pinchart, ex-rédacteur en chef de Spirou Magazine et ancien éditeur chez Dupuis, Sandawe est une “tribu d’édition”. Sandawe ne met en avant qu’un petit nombre de projet. Il ne s’agit pas seulement d’une plateforme de crowdfunding mais elle sera aussi, au bout de la chaîne, l’éditeur des albums financés.

Ulule, lancé il y a un an, est la première plateforme européenne en nombre de projets financés. Le site est disponible en trois langues (bientôt 6), et a financé des projets dans 19 pays : une expédition au Pôle Nord, l’envoi de modems pour aider la révolution Libyenne, la rénovation du cinéma de Jacksonville en Floride…

Ulule vient de s’associer avec Leetchi pour proposer une solution de paiement plus simple et sécurisée.

Kiss Kiss Bank Bank, lancé en 2009, a permis de financer 120 projets, parmi lesquels “Paroles de Conflits”, un web-documentaire ambitieux et qui a beaucoup fait parler de lui.

Babeldoor est un site généraliste comme Ulule et KKBB, qui a peut-être moins de moyens mais qui a tout de même porté de beaux projets, en particulier dans les domaines humanitaires et solidaires.

Enfin, le site MonChevaldeCourse.com. Il propose d’investir 99 ou 119 euros par an et de percevoir 1/1000e des gains de son cheval de course préféré. Les internautes peuvent souscrire un ou plusieurs contrats sur des chevaux, réinvestir l’année suivante sur le même cheval ou sur un cheval différent. Mais les parts investies ne peuvent être revendues.

Le succès de ce modèle s’explique en partie parce que la créativité artistique – notamment les arts visuels – s’y prête parfaitement. S’appuyant sur la force des réseaux en utilisant la viralité de Facebook ou Youtube, l’impact est maximal.

Ensuite, évidemment, la réussite des premiers projets est la meilleure publicité que peut avoir la plateforme, « l’effet boule de neige » se met en place et une dynamique positive s’inscrit dans la durée

Les artistes ou les porteurs de bonnes idées ne sont pas les seuls à bénéficier de la puissance de financement du crowdfunding. Ils touchent aujourd’hui de nombreux secteurs, de la création d’entreprise à l’industrie pornographique en passant par les clubs de foot. La montée en puissance constante des réseaux sociaux, la vidéo qui favorise la transmission de message et l’implication laissent penser que cet écosystème collaboratif ne va cesser de croître et mûrir. En France, les plateformes balbutient encore, mais l’on peut être sûr qu’à la vitesse où cela évolue, l’histoire n’est pas finie et risque d’être intense.

 

Généralistes : 

http://fr.ulule.com

www.kisskissbankbank.com

www.microcultures.fr

 

Musique :

www.mymajorcompany.com

www.oocto.com

www.buzzmyband.com

 

Cinéma et audiovisuel :

www.touscoprod.com

www.peopleforcinema.com

www.monfilm.com

 

Littérature et BD :

www.sandawe.com/fr

www.bookly.fr

www.mymajorcompanybooks.com

JULIA NAU – PAULINE GREVET

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