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Google, Amazon, Facebook, Apple : ces géants du Net qui vont plonger la France dans une nouvelle crise

Pendant que les géants américains que sont Google, Amazon, Facebook, Apple se livrent une guerre sans merci pour dominer de la tête et des épaules le marché du numérique mondial et enregistrent des chiffres d’affaires monumentaux, l’Europe mais surtout la France restent pour le moment simple spectatrices ne prenant pas vraiment la mesure des enjeux qui se jouent sous leurs yeux.

Dans son ouvrage La souveraineté numérique, Pierre Bellanger, DG-fondateur de Skyrock et entrepreneur du web, dénonce la mainmise de ces géants du Net sur nos données, nos usages et tente d’avertir les autorités du danger qui nous guette. « La grande dépression que nous connaissons depuis cinq ans n’est qu’un modeste épisode en comparaison du cataclysme qui s’annonce ». Il annonce également que si « la mondialisation a dévasté nos classes populaires, l’internet va dévorer nos classes moyennes ». A titre d’exemple, il note que le web « détruit quatre emplois pour un créé ». Or « la France et l’Europe n’ont aucune maîtrise sur cette révolution », car « l’internet et ses services sont contrôlés par les américains ».

Mais alors quelles solutions pour la France ?


Mettre la France en réseau

Une des idées évoquée par Pierre Bellanger dans son ouvrage est de « mettre la France en réseau et faire, par exemple, d’Orange le cœur de ce réseau », tel un « porte-avion internet autour duquel s’organisent des réseaux de services ».

 

Consommer du Made in France

madeinfranceUne autre solution pourrait venir d’une résistance citoyenne. L’affaire Snowden et toutes ces questions autour de la récupération des données personnelles ont permis une prise de conscience générale et une remise en question de l’opinion publique quant à sa manière d’utiliser le web.
On peut alors se dire que l’internaute français, conscient qu’il est seul responsable de sa consommation web et soucieux de préserver sa vie privée, réfléchira à deux fois avant de se tourner vers des services américains et que dans un élan patriotique il préférera acheter Archos plutôt qu’Apple, passera des heures sur Deezer et visionnera ses vidéos de Lolcats sur Dailymotion.
Oui mais voilà, car il y a un mais, la nouvelle Loi de programmation militaire donnant les pleins pouvoirs à notre renseignement tue dans l’oeuf toute perspective de voir les utilisateurs se détourner des services américains très performants pour d’éventuels services français naissants, moins pratiques et avec au final des données encore moins protégées.

 

Le Big Data

Le 11 octobre dernier, Anne Lauvergeon, présidente de la commission 2030 remettait son rapport sur l’innovation à François Hollande. Outre l’ancienne présidente d’Areva, cette commission comptait 19 autres membres parmi lesquels François Bourdoncle (Exalead), Nicolas Dufourcq (Bpifrance), la publicitaire Mercedes Erra (Havas Worldwide), l’universitaire Mathias Fink (ESPCI ParisTech), Pierre Prieux (Alcen) ou Henri Verdier (Etalab). Tous avaient pour mission de penser l’innovation en France à l’horizon 2030 et de déterminer « les domaines où la France a du potentiel pour des innovations majeures ».
La commission a ainsi identifié « sept ambitions » dans lesquelles figure notamment le Big Data. Elle préconise ainsi la création d’un centre de ressources technologiques consacré à ce domaine avec pour objectif d’abaisser considérablement la barrière à l’entrée que constituent les technologies très complexes du Big Data et de permettre à des start-up innovantes d’accéder plus rapidement au marché pour accélérer leur croissance.

 

Les objets connectés

kolibree-smart-toothbrush-and-phone-138691711448412801Du 7 au 10 janvier s’est tenue la grand-messe annuelle de la high-tech à Las Vegas, le Consumer Electronic Show (CES). Kolibree, une start-up française créée par Loïc Cessot, ingénieur Arts et Métiers ParisTech et soutenue par Thomas Serval, ex Google et Microsoft et qui dispose d’une expérience de 15 ans dans les objets connectés, y a fait sensation avec sa brosse à dent connectée baptisée « Plover ». L’appareil qui propose de se laver les dents de manière plus intelligente intègre un capteur qui permet de détecter le niveau de tartre, de repérer sa position dans la bouche, de mémoriser les dents brossées et pendant combien de temps. Les données sont ensuite transmises sur un smartphone.

L’application mobile qui sera disponible sur iOS et Android et inclura un système de coaching, des jeux pour aider les enfants à mieux se brosser les dents. L’utilisateur pourra également communiquer directement ses statistiques à son dentiste afin de faciliter le suivi.

Mais on peut également citer Optinvent, la start-up rennaise qui compte concurrencer Google sur le terrain des lunettes à réalité augmentée avec ses Ora-S.

Ou plus surprenant encore, Carrefour, qui s’est associé au néerlandais Burg pour commercialiser sa propre montre connectée, qui vient ainsi garnir son rayon high-tech où figurent déjà un smartphone, trois tablettes et deux liseuses.

L’espoir est de mise. La France a regardé passer le train des moteurs de recherches, des réseaux sociaux, du hardware, de la vente en ligne et les acteurs d’aujourd’hui sont bien trop gros et bien trop en avance pour être concurrencés. Mais le net est en perpétuelle évolution, ses usages aussi et il est encore temps de prendre le train des objets connectés, des nouveaux services et du Big Data en route sous peine de plonger la France dans une nouvelle crise encore plus profonde que celle dont nous voyons à peine le bout.

 

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