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Musique 2.0, quand vos clics valent de l'or.

Souvenons-nous. Il n’y a pas si longtemps, nous passions nos samedis après-midi à déambuler dans les rayons de Virgin ou la Fnac pour remplir nos paniers du dernier album des Red Hot et du coffret Collector des Spices Girls pour la petite cousine.   Aujourd’hui tout a bien changé, car pour le commun des mortels, la consommation de musique se fait désormais en un clic. Un écran tactile, un trackpad ou (pour les plus archaïques d’entre nous) une souris, nous suffit pour nous procurer les derniers tubes de Justin Timberlake ou des Daft Punk.

« Comment ça, ‘crise de la musique’ ? »

A première vue, tout le monde parle d’un marché de la musique en crise. Pourquoi ? Parce que les revenus de l’industrie musicale ont diminués de 31% entre 2007 et 2012 (Source SNEP). À y regarder de plus près, on constate que les ventes physiques diminuent mais que les ventes digitales, elles, évoluent (+145%  entre ces mêmes dates).

Alors pourquoi cette baisse générale ? Vous consommez moins de musique vous ? Certainement pas moi ! Ce n’est pas la consommation qui diminue mais l’acte d’achat.
Forcément, on pense à la crise, qui nous pousse à être de plus en plus raisonnables dans nos dépenses. Mais au-delà de ça, la hantise des maisons de disques  depuis quelques années c’est le téléchargement illégal. En effet, la loi Hadopi n’a malheureusement pas tout réglé. Aujourd’hui, même un enfant de 11 ans sait comment obtenir gratuitement le dernier Justin Bieber, ce qui met en péril de nombreuses ventes digitales.

 Enfin il y a le streaming qui participe à cette diminution des ventes car maintenant on consomme en ligne. En plus des Deezer et Spotify on a aussi le phénomène Youtube qui n’aide pas à la rémunération des artistes. Et oui ! Quand on va sur le compte VEVO Officiel de Beyonce, chaque vue sur une de ses vidéos offrira une part de rémunération à l’artiste, mais par contre, les vidéos postées par les internautes, elles, ne rapportent rien. Donc si je tape « Crazy In Love » sur Youtube, et que, malheureusement je clique sur une vidéo lyrics d’un amateur, je vais écouter mon titre sans rémunérer la pauvre Beyonce…

Toutes ses problématiques obligent donc l’industrie de la musique à redoubler d’ingéniosité pour nous « driver » vers des contenus légaux et officiels.

« S’il te plait, donne-moi ton adresse mail ! »

Commençons par le CRM, pour rappel cette abréviation barbare veut simplement dire « Customer Relationship Management ».
Ici, l’objectif c’est d’obtenir des informations sur les consommateurs pour pouvoir dialoguer avec eux et créer une vraie relation pérenne entre l’artiste (la maison de disque) et le fan.

 Mais aujourd’hui les internautes connaissent la technique ! Et franchement, y’en a marre des 156 mails par jours pour avoir des promos. Du coup, les internautes sont de plus en plus frileux et donnent difficilement leur mail. Les labels et artistes deviennent alors ingénieux. « Si tu me donnes ton mail, tu accèderas tout de suite à un contenu EXCLUSIF rien que pour toi » ou alors « si tu me donnes ton mail, moi je t’offre un cadeau ». Et oui, les labels appâtent les consommateurs !
Mais finalement c’est WIN-WIN, tu gagnes une rencontre avec un artiste, des places de concert, une écoute en avant-première etc. Et en échange tu autorises la maison de disque à t’envoyer encore plus d’actualités sur ton artiste préféré.

« Dis-moi où tu cliques, je te dirais qui tu aimes. »

Encore plus fort (et plus vicieux) que le CRM, le retargeting ! C’est THE nouvelle technique qui permet aux marques de cibler et re-cibler les bons internautes. Dans toutes les actions de communication digitale, on intègre désormais les fameux shorts URL qui permettent de faire du retargeting. Aussi, dès qu’un internaute clique sur la bannière de Placebo, on lui pose un cookie sur son ordinateur et du coup il va voir la pub Placebo un peu partout pendant quelques temps. Le retargeting c’est un peu comme de l’espionnage. On regarde qui clic, et après on les lâche plus !
Le plus souvent, les fameux liens trackés apparaissent dans les fils d’actu Twitter ou Facebook des artistes mais aussi dans toutes les campagnes displays, replay etc. dès qu’on clic, on est suivi, c’est un fait.

 Nouvel exemple : Vous connaissez les pré-écoutes ? Récemment Le Figaro a proposé d’écouter en avant-première le nouvel album de Elogie Frege. Forcément, tous les fans et tous les curieux se sont rués vers l’article pour entendre gratuitement les nouveaux morceaux.

Pré-écoute Elodie Frégé sur LeFigaro.fr

Pré-écoute Elodie Frégé sur LeFigaro.fr

Et quand on clique sur le player il se passe quoi ? HOP on a un cookie, on est tracké. Et quelques jours plus tard on nous propose plein de bannières pour acheter le titre sur Itunes.  Ca ne s’arrête jamais. Mais il faut le reconnaître pour tous les digitaux c’est une technique magique !

« Fans, je vous aime »

Les fans : ce sont eux maintenant qui font la loi ! Fini le monopole des médias, aujourd’hui ce sont les consommateurs eux mêmes qui décident si oui ou non un artiste doit avoir sa place sur la toile.
Le roi du Buzz ces derniers temps c’est évidemment Stromae. Rappelez-vous le début de l’histoire avec les vidéos volées de l’artiste bourré dans les rues de Belgique, en train de chanter son nouveau titre « Formidable ».

Le buzz est lancé, les internautes s’enflamment pour cet artiste hors du commun qui, en plus d’être malin, s’avère être très talentueux. Aujourd’hui, à force de buzz, de relations avec les fans et d’une couverture médiatique, on peut parler de Stromae comme le succès de cette fin d’année avec + 2,4 millions de fans Facebook en quelques mois et un album disque de platine en 10 jours seulement…
Pour revoir toute l’histoire du buzz RDV ici.

Aussi, pour mobiliser les fans, d’autres misent sur ‘le clip participatif’. La nouvelle mode. Dernièrement on a vu la petite Al-Hy (candidate de The Voice 2012) proposer à ses fans de poster des vidéos sur Instagram via le hachtag #PasSeulsAlhy, vidéos qui constitueront ensuite le clip officiel du single « Tous seuls au monde ». Belle initiative qui a permis de fédérer tous les fans et assurer un relai sur les réseaux sociaux.

Et comme les fans sont un peu les nouveaux médias en vogue, les NJR MUSIC AWARDS récompensent désormais le « Meilleur Fan ». Distinction qui permet d’officialiser l’importance des fans dans le monde de la musique aujourd’hui, et non plus seulement comme des consommateurs mais surtout comme des prescripteurs !

Qui seras le meilleur Fan ? NMA

On l’aura compris, l’avenir des artistes est désormais entièrement entre nos mains, ou plutôt ‘nos clics’ !

10 Comments

  1. Céline Dupuch (@celinedupuch)

    Très bel article Laura, je trouve cela intéressant et plein d’exemple concrets ! félicitations 🙂

  2. Clément Demarquette

    Super article: intéressant, énergique & belle plume 😉

  3. Martin

    Super article Laura 🙂 vive les fans

  4. Jourdan

    Article tres interessant dont la clarté permettra a des personnes peu connaisseuses en la matiere ( comme moi ) de mesurer l’importance de nos « clics » pour aire vibrer le monde de la musique !
    Bravo !

  5. Sofia

    Merci, super article!

  6. Blandine (@BlandineVives)

    C’est un super article. Je vais essayer de regarder uniquement des vidéos sur vevo maintenant ! C’est bon à savoir quand on aime un artiste si on peut le soutenir par des moyens comme celui-ci. Merci

  7. manon

    Très bon article. On apprend plein de nouvelles choses. Bravo Laura

  8. Lucille Caron

    On sait maintenant ce qu’il nous reste à faire quand on veut écouter de la musique et soutenir notre ou nos artiste(s) préféré(s). J’ai appris un truc aujourd’hui (merci) !

  9. Gaya

    Laura au secours des artistes. Merci de nous ouvrir les yeux Melle !

  10. zoedugor

    Un sujet vraiment d’actualité, très bel article 😉

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