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L’explosion des FoodTech : quand l’alimentaire et le digital se rencontrent

Bien qu’encore récent sur le marché français, le terme « FoodTech » se retrouve de plus en plus à la mode dans les médias. On entend même parler d’ »ubérisation de la restauration ». Ces nouveaux acteurs du secteur de l’alimentaire bousculent complètement les modèles traditionnels. Pour tous ceux qui seraient passés à côté de ce phénomène, il va s’agir tout d’abord de définir ce qu’est la « FoodTech ».

La FoodTech désigne la combinaison du secteur de la restauration à celui des nouvelles technologies et du digital. L’aspect digital permet avant tout d’optimiser le trajet du produit jusqu’au client, mais également de réduire les coûts pour les entreprises. Arrivée des Etats-Unis, la FoodTech prend désormais son essor dans toute l’Europe, avec pour les plus connues : Take It Easy et Deliverro, des applications de livraisons de plats à domicile.

Depuis 2015, le nombre de startups dédiées à la FoodTech explose, répondant à une demande bien présente de la part des consommateurs. Quand certaines startups y voient principalement l’appât du gain, d’autres utilisent la recherche et les technologies dans un intérêt plus environnemental et collaboratif. Comme pour d’autres secteurs technologiques, leur succès repose sur l’économie collaborative, la mobilité et l’utilisation du big data.

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A quels nouveaux besoins consommateurs cette tendance répond-elle ?

1. Le désir de trouver des produits/plats inédits et de qualité, sans avoir à se déplacer.

Par exemple, Mycuistot qui livre des repas de chefs directement chez vous, ou encore la Boite du fromager, qui propose à ses abonnés une sélection unique de fromages. Kitchen Trotter offre quant à lui chaque mois la découverte de la gastronomie d’un pays avec produits, conseils et recette.

2. Le retour au partage et au collaboratif à tous les niveaux.

De plus en plus de français souhaitent aller à la rencontre de nouvelles personnes et s’ouvrir à de nouvelles cultures. C’est ce que promet Vizeat en mettant en relation les voyageurs et habitants d’un pays pour les réunir autour d’un repas.ubereats-phone

3. Le zéro déchet : les FoodTech offrent également des solutions contre le gaspillage alimentaire.

L’application Optimiam informe en temps réel des invendus des commerces à proximité de l’utilisateur afin de lui permettre d’obtenir des promotions, d’éviter la perte de bénéfices pour les commerçants, tout en réduisant les déchets. Tout le monde s’y trouve gagnant. Aux Etats-Unis, l’application Leftoverswap va encore plus loin en proposant aux utilisateurs d’offrir gratuitement leurs restes à un voisin : solidaire et écolo !

4. Une consommation plus responsable : comme réponse aux différents scandales alimentaires.

Il existe aujourd’hui de plus en plus de personnes qui souhaitent se tourner vers les petits producteurs, en écartant les intermédiaires de la grande distribution. Tout d’abord, pour sortir de la consommation de masse et pour s’assurer de manger des produits frais. Également,   afin de retrouver un échange privilégié avec le producteur et ainsi dynamiser l’économie locale. Plusieurs FoodTech vont dans ce sens comme La Ruche qui dit oui, qui livre un panier de produits frais et de saison des agriculteurs locaux chaque mois. Les applications Ecocompare et Shopwise permettent quant à elles d’informer le consommateur sur les ingrédients des produits qu’ils souhaitent acheter.

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Quel avenir pour les FoodTech ?

Ces startups transforment peu à peu le secteur de l’alimentaire en réduisant les distances et les intermédiaires. Avec ces systèmes, chacun y trouve son compte : du plus petit producteur en passant par les restaurateurs et les adeptes de gastronomie et de voyage. Néanmoins, cela interpelle sérieusement les distributeurs qui se rendent compte des impacts sur leur métier. De nouvelles formes de magasins, de distributions et de circuits apparaissent, mettant en danger ces acteurs de l’industrie agroalimentaire.

En juillet dernier, la chute inattendue de Take It Easy, juste après avoir franchi le million de commandes, est venue sonner l’alarme dans le secteur de la FoodTech.

Ces startups, toutes plus innovantes les unes que les autres, sont prisent au jeu de la course à l’hyper-croissance, et face à la concurrence, remettent la rentabilité au lendemain. Pourtant, il s’agit rapidement de faire un choix : être rentable très vite avec une faible croissance, ou l’inverse. Pour éviter le même sort, les Food Tech devront, avant tout, convaincre de la pérennité économique et sociale de leur business modèle.

Auteurs : Marylynn Meunier et Hélène Menut

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