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Le crowfunding ? Késako ?

crowfunding_illustrationLittéralement, crowfunding signifie financement par la foule. C’est à dire, toi, moi, vous, nous… Bref, la foule, la masse, tout ceux qui le souhaitent… En fait, tout ceux qui normalement ne financent pas. Certains parlent de collecte de dons pour définir le crowfunding, mais je trouve ce terme particulièrement mal choisi dans la mesure où la notion de dons exclus celle de contrepartie.

Or dans presque tous les cas, les opérations de crowfunding offrent une contrepartie à la personne faisant un versement. Le terme de financement participatif me semble donc plus adéquat.

L’un des atouts remarquable du crowdfunding ou financement participatif, c’est de permettre des transactions mettant en relation des personnes physiques, sans jamais faire intervenir les acteurs habituels de financement, telles les banques ou les organismes de crédit.

Ce principe de mise en relation de personnes physiques base la relation financière sur des critères qui sont autres que la recherche de profit. Ainsi, la finance participative est un bon moyen de favoriser l’entraide.

Dans certains cas, le crowfunding est utilisé par des entreprises, ce qui lui permet de communiquer tout en levant des fonds. Et souvent, cela va plus loin… Ce peut être un bon moyen de tester une idée, la faisabilité d’un produit ou de les pré-vendre afin de financer leur production.

L’entreprise fait alors appel à une communauté d’internautes qui décide de le soutenir, pour des raisons qui peuvent être diverses.

Depuis que je m’intéresse de près au digital, j’ai moi-même soutenu deux projets qui me tenaient à cœur pour des raisons très différentes. Le premier fut la mise sous presse et la distribution en kiosque du magazine féminin Paulette. Le second fut le financement de l’émission Taratata pour une diffusion sur le web.

logo_taratata        logo_paulette

Paulette est une publication différente, qui existe depuis presque trois ans. Ce magazine est collaboratif. L’aventure a commencé sur le net, avec la publication d’un site internet sur lequel l’internaute était invité à échanger, partager et diffuser des informations pouvant intéresser une communauté essentiellement féminine.

La version papier était disponible sur commande uniquement et donc imprimé une fois réglé par la lectrice.

Et puis, en début d’année, Paulette a voulu grandir et être distribué en kiosque. Mais, être distribué en kiosque signifie une impression à grande échelle, et donc des fonds en amont des ventes, ce qui changeait totalement la donne pour l’équipe dirigeante.

Ils ont donc décidé de mettre en place une levée de fonds sur la plate-forme mymajorcompany, modèle où les investisseurs sont aussi coproducteurs. Il y a donc là une notion de contre-partie, dépendant de la somme investie. On peut soit avoir un versement de royalties en fonction des futures recettes, soit acheter quelque chose en fonction du montant versé.

Dans le cas de Paulette Magazine, la contre-partie proposée restait finalement très similaire à celle du modèle économique de base. En effet, selon la participation financière, vous pouviez acheter différents packs, comprenant 1 an d’abonnement, plus divers produits susceptibles d’intéresser la communauté déjà en place dans le cadre du site internet d’origine.

La somme à récolter était de 35.000 euros, et les compteurs ont explosé et la somme récoltée à dépasser les 45.000 euros.

Depuis, Paulette est distribué en kiosque et je suis abonnée pour deux ans au magazine. ET il est vrai qu’à chaque réception du magazine, le sentiment est légèrement différent que lorsque que je reçois le « Elle ». Et du coup, la satisfaction n’en est que meilleure.

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Le second projet auquel j’ai participé a fait couler beaucoup d’encre cet été. L’arrêt de la diffusion de l’émission de Nagui, Taratata sur France 2. Très vite, une communauté s’est mobilisée, mettant en place une pétition, afin de protester contre cette décision. Elle a réuni près de 161.000 signatures, créant un formidable élan pour les équipes de l’émission, et surtout la décision prise par le producteur, Nagui himself, de faire vivre l’émission autrement.

Et c’est ainsi que Taratata a commencé son aventure 2.0 ! Une levée de fonds sur mymajorcompany plus tard, la somme 46.523 euros fut récoltée. De quoi permettre effectivement de lancer le projet. 6 soirées de tournage ont été programmées pour la saison 2013-2014. 3 d’entre elles ont d’ores et déjà eu lieu, et le succès est au rendez-vous.

Est-ce à dire que le crowfinding, en cette période de crise, serait la solution ultime à la frilosité des banques et autres acteurs traditionnels de financement ?

Chaque jour, de nouveaux projets sont soumis à la générosité des internautes et tous les domaines sont aujourd’hui concernés.

Si on se penche sur les chiffres, ils sont vertigineux. 2,7 milliards de dollars ont été collectés en 2012 dans le monde, sur plus de 300 plateformes différentes. Pour 2013, cette somme déjà ahurissante devrait doublée.

Aux Etats-Unis, un jeu vidéo, Star Citizen, a réuni 24 millions de dollars en quelques semaines et détient donc le record mondial de fonds récoltés sur une plateforme de financement participatif. En France, la restauration des bobines des Parapluies de Cherbourg a récolté quelque 50 000 euros.

Mais la success story n’est hélas pas toujours au rendez vous. En France, moins de deux tiers des projets atteignent les sommes fixées. Et les chiffres collossaux mentionnés plus haut restent finalement anecdotiques dans la mesure où près de 85 % des projets ne dépassent pas 5 000 euros.

Dans Télérama il y quelques semaines, Vincent Ricordeau, cofondateur du site français KissKissBankBank déclarait que « La grande majorité des campagnes de crowdfunding consiste en des micro-projets ». Dans le même article, Mathieu Maire du Poset, chef des projets chez Ulule, leader européen, rappelait qu’il ne suffit pas de mettre un projet en ligne pour qu’il soit financé.

     

En effet, et c’est là où la notion de communauté prend tout son sens. Au delà de la mobilisation de son réseau personnel (amis, famille, connaissance), pour qu’un projet aboutisse, il faut qu’il fasse appel à des valeurs affectives.

J’ai financé Paulette par affection pour le modèle économique que j’avais vu naître, étant membre depuis le début, et j’ai choisi de financer la nouvelle version de Taratata en souvenir de mes vendredis soirs d’adolescente…

Les réseaux sociaux sont bien évidemment un formidable soutien pour diffuser le projet et il ne faut pas minimiser leur rôle dans la circulation de l’information et dans la mobilisation d’une communauté d’intérêts et de valeurs.

En France, le mouvement est tel que l’Etat commence à y mettre son nez. Cela avait commencé avec la déclaration de François Hollande en avril dernier lors des assises de l’entrepreunariat où le Président de la République a annoncé la création d’un cadre juridique sécurisé dès septembre.

Et effectivement, en septembre dernier, Fleur Pellerin, ministre de l’Economie numérique, a engagé une concertation avec les acteurs du secteur pour en réguler l’activité.

Je ne dirai pas qu’une fois de plus, la frilosité française s’épanouit, mais je le pense très très fort…

1 Comment

  1. […] de la démarche d’apprentissage, sachez que l’application HappyPlayTime est en pleine étape de crowdfunding afin de pouvoir donner le jour à cette série de mini-jeux et outils visant à enseigner à la […]

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