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Le digital au service d’une société sociale et solidaire ?

Quand dans le monde, Facebook détient 1,49 milliards d’utilisateurs actifs mensuels, qui comptent, eux même, respectivement 338 amis moyens ou qu’Instagram possède 130 millions d’utilisateurs et que chaque seconde, 575 « likes » sont déposés sur les photos ainsi que 81 commentaires, nous sommes en mesure de nous demander si le digital est un nouveau remède à la vie sociale 2016 !

 

Le digital : l’innovation de la solitude ?

 

Aujourd’hui, les réseaux sociaux remettent en question nos définitions les plus naturelles et ancrées.
L’amitié, par exemple, signifie, depuis toujours, le sentiment d’affection et de sympathie que peuvent partager deux personnes. Et, pour que ce partage existe il faut qu’il soit réel et concret.
Néanmoins, avec l’arrivée massive des réseaux sociaux, nous avons commencé à échanger et à partager une nouvelle forme d’amitié avec nos amis en pixel. En pixel ? Oui, mais sont-ils pour autant virtuels ? C’est une question que nous sommes en mesure de nous poser lorsque l’on constate que Facebook comptabilise, actuellement, 76 millions de faux comptes sur sa plateforme. Mais, malgré ce chiffre alarmant, il est important de noter que nos amis en pixels : on les connaît pour la plupart, on les matérialise via leur compte, on les nomme grâce à leur pseudo …
La frontière entre vie virtuelle et réelle est, donc, difficilement explicable, puisque ces deux mêmes vies sont très souvent entrelacées.

Et, dans un premier temps, ce n’est pas ce fait qui va retenir toute mon attention mais, bien le chiffre effarant que je vous ai énoncé un peu plus haut : nous possédons en moyenne 338 amis sur Facebook, et 27% des 18-29 ans en détiennent, eux, plus de 500.

Alors, je sais que cela n’en choquera pas certains, mais ne vous a-t-on jamais dit que les amis se comptaient sur les doigts d’une main ? Et, trouvez-vous cela normal que nous détenons approximativement 328 amis de plus qu’avant l’ère du digital soit une hausse de l’amitié de 3280% ? Alors, effectivement, je généralise et ces derniers chiffres ne sont pas vraiment exacts, mais demandez-vous s’ils ne sont pas pour autant loin de la réalité ?

Ce qui me terrifie réellement dans ces données, c’est qu’avec le développement de ces réseaux sociaux et le temps qu’on y consacre, on oublie surement le véritable contact humain. On se réfugie, alors, dans un monde virtuel et isolé, loin de la réalité.

Selon Shimi Cohen et sa vidéo «  L’innovation de la solitude », réalisée pour son projet de fin d’études au Shenkar College of Engeneering and Design et inspirée du livre de Sherry Turkle « Alone Together », les individus se sentent de plus en plus seuls et c’est avant tout à cause du développement des réseaux.

Il nous explique que « les relations humaines sont riches, compliquées et exigeantes. Nous nettoyons tout cela avec les technologies ». Et, dorénavant, « nous collectionnons les amis comme des timbres, en mélangeant trop facilement quantité et qualité ».

Aussi, la quantité ne s’explique par un besoin affectif accru mais notamment, par notre obsession d’avoir toujours le sentiment de devoir réaliser notre propre « publicité », en contrôlant sans cesse notre image, en attirant l’attention sur des choses que nous choisissons, au lieu de construire de « vraies amitiés ». Ce monde du « I share, I am » est en réalité la quintessence de la solitude.

Ce que l’auteur montre bien puisqu’il affirme que l’être humain est incapable de connaître intimement plus de 150 personnes alors que, pourtant, l’homme, créature sociable, peut devenir fou s’il évolue seul dans ce monde moderne qui glorifie l’individualité. L’isolement est, donc, devenu la chose la plus commune du monde moderne.

 

Vie virtuelle : une nouvelle sociabilité ?

 

Malgré tout, il est obligatoire de contrebalancer les faits précédemment expliqués.
En effet, la vie virtuelle et la vie réelle ne sont pas forcément deux vies séparées et si l’une est vraie, l’autre n’est pas forcément fausse. Les amitiés digitales sont presque toujours les mêmes que les amitiés physiques. Plutôt qu’une opposition, la vie numérique est souvent une extension à la vie réelle. Elle, nous permet, entre autre, de prolonger notre vie affective grâce à des discussions avec notre communauté : amis, collègues, famille etc. Ainsi, en 2015, on dénombre 150 milliards connexions entre amis. Et si, nous sommes des adeptes des conversations en ligne, nous les renforçons, donc, souvent par des conversations hors ligne.

Généralement, les personnes qui utilisent le plus les réseaux sociaux disposent d’un nombre d’amis dans la « vraie vie » supérieur à ceux qui les utilisent moins.
Néanmoins, nous ne sommes pas tous égaux face à la compagnie 2.0. Comme vu ensemble, les individus exercent grâce aux réseaux sociaux leur propre publicité. Ils expriment qui ils sont, comme ils sont beaux, intelligents, intéressants… Il s’agit, donc, d’un véritable concours. Est-ce que je suis mieux qu’un autre ? Nous ne sommes, alors, pas tous entourés de la même façon sur le web. Quand les personnes les plus influentes sont les plus entourées, celles qui le sont moins sont très souvent seules.

Les réseaux sociaux sont, ainsi, devenus une véritable quête de popularité laissant pour compte certains individus, qui ne parviennent pas à mettre en avant de façon intéressante leur personnalité ou leurs atouts physiques.

 

Si la solitude 2.0 persiste : quels remèdes ?

 

Les réseaux sociaux créateurs de temps à autre de contacts humains ne le sont pas toujours. Pour palier à cette situation, de nombreux sites se sont développés afin de recréer du contact et non pas seulement pour compenser la misère amoureuse.

C’est le cas pour Copain d’avant, une solution qui permet de retrouver d’anciens copains et amis perdus de vue. Avec plus de 15 millions de membres, la plateforme facilite les retrouvailles avec 1,3 million de photos de classe et 3 millions d’établissements.

Une autre solution permet, quant à elle, de se constituer un cercle d’amis, selon leurs centres d’intérêts, ou leur position géographique. Cette plateforme s’appelle : faire-des-amis.com. Ce qu’il est intéressant, de mettre en avant, c’est que la moyenne d’âge sur le site est de 35 ans. On est, donc, bien loin des clichés de la personne âgée solitaire.
Au vu, de notre solitude accrue par les réseaux sociaux, nos modes de vie sont, également, responsables de notre solitude.
Effectivement, nos ambitions professionnelles, nos constitutions familiales plus tardives, nos mutations géographiques, font de nous des êtres toujours de plus en plus seuls. L’âge n’est, donc, plus une raison à l’isolement.

Ci-dessous quelques posts recensés sur le site :

 

Les réseaux sociaux, accélérateurs de solidarité ?

 

Pour aller plus loin, on peut se demander si les réseaux sociaux ne devraient pas être complémentaires à la vie réelle en devenant un réflexe à la solidarité.

Effectivement, de nombreux exemples, nous prouvent que les réseaux sociaux poussent à la solidarité des êtres l’un envers les autres, que ce soit dans le cadre d’une disparition grâce aux différents avis de recherches postés et partagés en masses sur les diverses plateformes : Facebook, Twitter… ou encore, l’exemple, le plus frappant de l’actualité : les récents attentats français.

Comme on a pu le remarquer les individus se sont mobilisés afin d’aider et, donc, de ne pas laisser les plus touchés seuls ou dans le besoin. Pour cela, certains messages tel que « #PortesOuvertesNice J’habite au port, si certains sont dans la rue et n’ont pas d’endroit où aller » ont vu le jour.

 

Il est donc, difficile de porter un jugement négatif sur l’envahissement des réseaux sociaux dans notre quotidien. Il est juste important de contrôler leur portée et de ne pas devenir des produits dépendants d’eux mais plus, de les utiliser comme une extension de nous-même, sans oublier la vie réelle.

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