Actu

Digital Health : la santé au cœur de la transformation numérique

A l’ère du digital, les innovations technologiques autour de la santé bouleversent le rapport entre les médecins et les patients hyper connectés et informés. La « Digital Health », c’est la convergence entre  la santé et les innovations numériques. En quelques clics, n’importe quel patient a la possibilité de contrôler son état de santé, de comprendre ses symptômes et de s’inscrire sur des réseaux sociaux dédiés à sa maladie pour en discuter avec un tiers.  Etant au cœur de débats concernant les datas personnelles connectées, ces nouveaux usages posent de nombreuses questions. L’avenir de la médecine classique serait-il remis en question ?

 

De la fiction à la réalité

Depuis maintenant 4 ans, la « Digital Health » a même sa place lors des CES, le Salon des hautes technologies et innovations ayant lieu tous les ans à Las Vegas. Des professionnels de la santé s’y réunissent afin de penser ensemble l’avenir de la santé. 

Le corps connecté a toujours été l’objet de fantasmes et nous le retrouvons régulièrement dans le cinéma de science-fiction. Plusieurs exemples me viennent en tête notamment le  film « Time out », d’Andrew NICCOL (2011) : dans le monde décrit par le film, chaque personne possède un compteur intégré sur le poignet indiquant le temps qu’il lui reste avant de mourir.
Et si cela devenait possible ?

Aujourd’hui, contrôler son rythme cardiaque, son taux de cholestérol ou encore sa tension en temps réel et depuis son Smartphone, c’est possible !

Le mobile : un carnet de santé ambulant

mobileAvec près de 46% des français (de 11 ans et plus) équipés de Smartphones, le mobile est omniprésent dans nos vies et rythme notre quotidien. Il y a aujourd’hui plus 100 000 applications mobiles (toutes plateformes confondues) dédiées aux thématiques « forme et santé ». La majorité d’entre elles donnent des informations pratiques sur les maladies, les acteurs du système de santé (pharmacies, hôpitaux, médecins), les médicaments, ou apporte un certain soutien, (accompagnement lors d’un régime, suivi des performances physiques)

En raison de cet engouement pour la « m-Santé », les premiers  Trophées de la Santé Mobile ont eu lieu cette année pour la première fois. Les professionnels du secteur ont bien compris l’intérêt d’investir dans ces applications qui permettent la poursuite du suivi des patients.

Le Trophée de l’application mobile de santé « coup de cœur » a été remis à Diabphone Carnet, un véritable carnet d’auto-surveillance du diabète qui permet, entre autres, de contrôler les glycémies et les doses d’insuline.
Autre application primée : Happli Day, destinée aux personnes souffrant d’un épisode dépressif ou ayant dans son entourage une personne en état dépressif.

appli-tabac-illustLa liste d’applications dédiées à la santé ne cesse de grandir. On en trouve certaines pour rechercher une pharmacie près de chez soi, pour suivre sa grossesse ou encore pour les maux de dos, la sclérose en plaque, le rhume, la maladie d’Alzheimer, le cancer, les plaies, les séropositifs ou encore pour les personnes voulant arrêter de fumer. Les professionnels de la santé ont trouvé un moyen pratique pour les patients accros à leurs mobiles, de suivre leur traitement afin de vivre plus simplement leur maladie au quotidien.

<

p style= »text-align: justify »>Les professionnels de la santé ont eux aussi leurs applicationsKinésithérapeute, cardiologue, infirmiers…
Vous seriez surpris de la quantité d’applications existantes pour faciliter le travail de nos chers médecins.

Selon Lucie TESQUIER, spécialiste des réseaux sociaux en santé, les applications destinées à améliorer le suivi du patient vont se développer dans les années à venir : « On estime qu’il y aura 500 millions d’utilisateurs d’applications santé en 2015 ».

 

Les réseaux sociaux et la santé 2.0

Aujourd’hui, plus de 60 % des français se tournent en priorité vers Internet pour leurs recherches concernant la Santé. C’est devenu un réflexe pour chacun d’entre nous : dès que l’on a le moindre petit problème ou symptôme, on consulte Internet.

De plus, les réseaux sociaux occupent aujourd’hui une place importante dans nos vies : Facebook, Twitter, Google+, blogs, la majorité des français y consacre énormément de temps.
Les communautés de patients, sont elles aussi, en train de révolutionner l’accès à l’information médicale et la relation entre les patients et leurs médecins mais aussi avec leurs  proches. 

<

p style= »text-align: left »>C’est dans ce cadre que le CHU de Rouen a lancé
en novembre 2013,
« Avis d’experts » sur Facebook. Une heure de questions / réponses entre les internautes et des professionnels du CHU sur le thème de la prise en charge des AVC. Une façon de communiquer en direct avec des professionnels autour d’un sujet qui nous concerne tous. Ce genre de pratiques est de plus en plus fréquent et rend les professionnels de la santé plus accessibles.

En plus de leur capacité informative et créatrice de liens entre malades, les réseaux sociaux s’avèrent être de très bons informateurs, ils représentent le poste d’observation idéal concernant l’état de santé des internautes. En analysant le fil Twitter de 630 000 New Yorkais sur une période d’un mois en 2010, des chercheurs ont cartographié en temps réel la propagation de la grippe dans la ville.

Google a quant à lui analyser les recherches des internautes dans les moteurs de recherche depuis 2008 dans son outil Google Flu Trends permettant de suivre l’épidémie de grippe en quasi temps réel.

Les communautés de patients

Lancé en 2011, Carenity, est un réseau social destiné aux personnes souffrant de maladie chronique ainsi qu’à leurs proches. Il propose des forums de discussions, un espace de suivi personnalisé ainsi que des informations sur les maladies et leurs traitements sous forme d’articles et d’interviews. Selon une étude réalisée par le site, 56% des utilisateurs affirment s’être inscrits sur le site afin de « rompre l’isolement » et d’en apprendre davantage sur la maladie et les symptômes (55%).

D’autres réseaux sociaux ont vu le jour comme des réseaux spécialisés dans les maladies rares ,  pour les malades du cancer, et même pour les asthmatiques.

Selon l’oncologue Franck CHAUVIN : « Internet fait passer la relation médecin-malade d’un modèle extrêmement paternaliste et complètement asymétrique à une relation beaucoup plus équilibrée. »

 

La santé connectée

mobile_healthBalances intelligentes, compteurs de pas, t-shirts mesurant les battements du coeur, chaussettes enregistrant la température corporelle…. la Digital Health, c’est aussi les objets connectés. Toujours plus pratiques et innovants, ils permettent ainsi aux utilisateurs de mesurer eux-même certains indices ou d’évaluer leurs performances. Cette auto-mesure (« le quantified self ») est devenue un phénomène à la mode et les données collectées font souvent l’objet de partages sur les réseaux sociaux et applications.
Xerfi France estime que la valeur du marché des objets connectés pour la santé et la maison augmentera de 50% par an entre 2013 et 2016. Il était de 150 millions en 2013 et devrait atteindre 500 millions en 2016.

Tedi_ourse-connecté

Voici deux exemples d’objets connectés intéressants. 

>>Tedi, un nounours 2.0 qui permet de suivre le développement d’un enfant avec une application mobile dédiée.

 

tattoo>> L’Electronics Tattoo est tatouage électronique à coller sur la peau et capable de mesurer divers signes vitaux. Il s’agit d’une membrane en silicone bardée de capteurs et capable de transmettre sans-fil les données recueillies à son médecin.

 

Pour plus d’exemples d’objets connectés, cliquez-ici

 

Les datas : l’avenir de la santé ?

CommHealthData&StatsGrâce au développement de l’e-santé, les acteurs du secteur ont plus que jamais la possibilité de placer le patient au cœur de leurs pratiques. Les données sont une composante primordiale. Avec les réseaux sociaux et les applications, les professionnels reçoivent énormément de données et cela suppose que les professionnels de santé aient le temps de les gérer.

Ces nouveaux outils contribuent aussi à la responsabilisation des patients et en les aidant à suivre correctement leur traitement grâce aux nombreux rappels, informations et bonnes pratiques.

A l’heure du big data, pouvoir traiter et utiliser une telle masse de données est un enjeu de taille pour les professionnels de la santé car cela pourrait permettre d’améliorer la qualité des soins et de personnaliser les traitements.

La Digital Health est donc un marché en plein essor qui change la relation entre les patients et les professionnels de la santé. Au vu des avantages qu’elle présente, celle-ci mérite une attention particulière.

>> Et vous, avez-vous déjà utilisé ces nouveaux outils digitaux pour votre bien être ?

 

3 Comments

  1. Garance

    Comme tu l’as dit, tous ces objets high tech présentent de nombreux avantages mais certains restent quand même des gadgets… On veut tout quantifier, suivre et évaluer soi-même… est-ce que ça ne pousse pas plutôt à l’hypocondrie ?

  2. Votre activité professionnelle concerne les TIC et la santé ?

    Venez assister à l’évènement organisé à Villejuif Bio Park le jeudi 19 juin à 18h30 sur la télémédecine et les solutions numériques appliquées au médical.

    Lors de cette soirée, exclusivement dédiée aux entreprises et aux entrepreneurs, nous traiterons du déploiement de la télémédecine et des évolutions que ces technologies initient dans le renforcement de la qualité des soins et du suivi des patients.

    Les intervenants seront notamment les sociétés Medtronic, Covalia, H4D, iHealth, Ipso Santé mais aussi le Catel.

    Programme et inscription (gratuite et obligatoire) sur http://vbpevents.weebly.com/

  3. Adrien

    Avec des vagues technologiques et des dispositifs connectés naissants, et selon une étude réalisée par la société spécialisée dans l’analyse de la santé connectée suisse Soreon Research, les objets connectés qui captent des informations issues du corps humain, permettront de sauvé la vie de 1,3 million de personne d’ici 2020. http://www.usine-digitale.fr/article/les-objets-connectes-de-sante-pourraient-sauver-la-vie-d-1-3-million-de-personnes-d-ici-2020.N306485

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.