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Darknet, un internet clandestin à portée de clics

Aujourd’hui, à l’ère du tout numérique, vos moindres faits et gestes sur la toile sont enregistrés, scannés, étudiés et stockés. Que ce soit pour votre sécurité ou tout simplement pour étudier vos habitudes, votre mode de vie, vous êtes traqués, d’un bout à l’autre de la planète,  au grès de votre navigation. Souvenez-vous, il y a quelques mois seulement, lorsque  l’affaire Prism a éclaté au grand jour.

affaire prismEdward Snowden, ancien employé de la CIA, révélait une surveillance quasi totale d’internet à l’échelle mondiale de la part des Etats-Unis. Nous sommes fichés, espionnés. L’anonymat n’existe plus. Et c’est pour cette raison même que l’armée américaine a imaginé, il y a une dizaine d’années, un web clandestin qui échapperait à tout contrôle: le Darknet.

Le système est simple. Une connexion classique transite d’un ordinateur à un serveur clairement identifié par un fournisseur d’accès. Le Darknet, lui, utilise un programme préalablement installé, comme TOR – The Onion Router, qui fait transiter la connexion d’un serveur à un autre aléatoirement dans le monde entier. L’adresse IP de l’ordinateur est alors camouflée à travers TOR et il devient impossible d’identifier ou de géolocaliser cette dernière. Une fois connecté, n’importe quel internaute peut communiquer sur ce web de manière parfaitement anonyme. Ni les douanes, ni la police, ni même aucune autorité ne peut contrôler le Darknet et ses internautes.

A l’origine, l’armée américaine utilisait le Darknet dans le but de sécuriser ses connexions pour transmettre des messages de la plus haute importance sans risque que ces derniers soient interceptés par des tiers. Le Darknet était également un moyen pour les opposants à certaines dictatures, d’échapper à la censure. Seulement, voilà, aujourd’hui cet internet anonyme a échappé à ses créateurs et n’est plus uniquement utilisé au service de la liberté d’expression. En effet, des trafiquants en tout genre se sont emparés de ce nouveau réseau ou l’anonymat est le maitre mot.

Drogues, Armes, Pédophilie sont les principaux fléaux de ce dernier.

Silk roadVous pouvez, en quelques clics, commander et vous faire livrer n’importe quelles drogues, de la plus anodine à la plus dure. Silk Road, est le site numéro un des ventes de drogues sur le Darknet estimant à plus d’un million de dollars son chiffre d’affaire mensuel. Les internautes se connectent à TOR,  renseignent l’adresse internet de cet hypermarché de la drogue et n’ont plus qu’à passer commande.

En plus du cryptage des adresses électroniques, les internautes utilisent une monnaie virtuelle, le Bitcoin. Cette monnaie peut être achetée sur des sites spécialisés qui fonctionnent comme de simples bureaux de change. Il suffit à un internaute lambda de faire un virement online sur l’un de ces sites et les Bitcoins achetés sont déposés sur un compte bancaire virtuel. Ce dernier est composé d’une succession de chiffres et de lettres à la manière des comptes bancaires Suisses, ainsi, l’identité du titulaire est là encore protégée par l’anonymat. De ce fait, lorsque l’on achète un produit sur le Darknet, le relevé de compte virtuel affiche un débit mais ne fait en aucun cas référence au site utilisé.

Une fois le paiement effectué, les trafiquants usent de multiples stratagèmes pour envoyer la drogue par de simples colis postaux. Poche sous vide, chaine hifi à double fond, sont quelques exemples des techniques couramment utilisées par ces derniers.

A l’heure actuelle, aucun de ces réseaux virtuels n’a pu être démantelé. Aux Etats-Unis, le FIB a réussi à fermer Silk Road après deux ans d’enquête, mais un mois seulement après la fermeture, les créateurs ont réactivé le site et ont repris leur activité comme si de rien n’était allant même jusqu’à narguer les policiers en leur laissant un message personnalisé sur la page d’accueil.

Armes, drogues, et faux billets circulent donc librement sur ce réseau et cela sans la moindre surveillance. Mais ce n’est pas tout. La cyberpédophilie est également très répandue sur Darknet et là encore, il est totalement impossible pour les autorités de démanteler de tels réseaux à moins que l’un d’entre eux fasse une erreur en se connectant via sa connexion classique ou en enregistrant des données sur son disque dur personnel. L’échange et la diffusion de contenus interdits peut donc se faire en toute impunité.

Ce monde parallèle à notre internet est, en somme, l’eldorado des trafiquants, qui agissent anonymement sur ce réseau clandestin. Utilisé à des fins répréhensibles, Darknet, est pourtant qualifié de dernier espace de liberté absolue.

En effet, ce réseau anonyme prônant la liberté d’expression est très largement utilisé par les journalistes du monde entier pour échapper aux services de renseignements de nombreux pays et protéger leurs sources. Le scandale du Prism ayant révélé une surveillance presque « industrielle » de l’internet mondial, Tor confère un espace de liberté individuelle à ses utilisateurs qui fuient traçage et géolocalisation.

Logo Reporters sans frontieresReporters sans frontières, organisation non gouvernementale luttant contre la censure, forme de nombreux journalistes à l’utilisation de Darknet. En plus des casques et des gilets par balles, des clés USB contenant Tor font désormais partie de l’équipement offert aux journalistes allant couvrir des conflits dans des pays sensibles. Ainsi, les journalistes utilisent la technologie pour lutter contre la surveillance et la répression de certains régimes. Par exemple, en Chine, de nombreux sites internet sont censurés mais le Darknet permet de contourner ce régime ou la liberté d’expression est encore contrôlée et soumise à des règles très strictes.

Carte de la cyber-censure

Le Darknet a permis l’émergence de nombreux groupes militant pour la liberté de l’accès à l’information. Fervents défenseur des droits de l’homme, ces derniers n’hésitent pas à former à distance des populations entières pour leur permettre d’éviter la cyber répression du régime et redevenir libres de s’exprimer en tout impunité.

Aujourd’hui, la NSA, National Security Agency, essaie de mettre Darknet sous contrôle mais sans succès.

Cet internet clandestin est donc pour le moment toujours hors de contrôle.

Qu’en pensez-vous ? Etes-vous pour ? Contre ? Pensez-vous qu’il s’agisse là du dernier espace de liberté absolue ? Auriez-vous la même utilisation d’internet si vous vous saviez protégés et anonymes ?

 

1 Comment

  1. micarlp

    Bah! Il y a la nuit et le jour.Les malfaiteurs attendent la nuit pour commettre leurs actes. Pour moi, ça change rien du tout. Pour les dépravés et les trafiquants ça change tout! Personne ou presque, n’était au courant de ce Dark side du Web, là, après votre reportage, beaucoup de monde sont au courant! Les bons commes les méchants. C’est un cas typiques ou toute vérité n’est pas bonne à dire. Pour quelqu’un d’honête, ce website n’a aucune importance. C’est bon juste pour les gens malhonêtes qui ont des choses à cacher. C’est un coffre-fort sur le web. C’est non contrôlable donc à banir… Micarlp

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