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"Calm down. Breathe. We hear you."

Mardi 4 février, Facebook a soufflé ses 10 bougies. Mais le réseau social va-t-il pour autant amorcer une vraie mutation ?

10 ans… L’âge de la maturité représente un tournant décisif pour le réseau social puisque l’enjeu est clairement de se renouveler et de proposer la « Big Idea » pour animer les 10 prochaines années et réconcilier (accessoirement) les catégories plus jeunes qui fuit littéralement ce réseau social depuis que leurs parents les ont ajouté en « amis ». Mais si les bougies ont été soufflées, on peut se demander quel à été le vœux de Marc Zuckerberg ? Racheter Snapchat ? Impossible, la plaie a encore du mal à cicatriser… Passer 2017 ? Plusieurs analystes (ou Mayas) prédisent la chute du réseau social. En tout cas, il faut clairement dynamiser l’engagement des utilisateurs et favoriser une création de contenu plus soutenue et pour cela Mark doit clairement faire pas mal de nuits blanches.

Quel est le problème ?

Mais alors, finalement, c’est quoi le problème de Facebook ?

J’ai décidé d’intitulé cet article de la même manière que celui posté sur Facebook par Mark Zuckerberg lors du lancement du News Feed et mini-Feed en 2006, car cette année a clairement été décisive. À l’époque, beaucoup d’utilisateurs critiquaient cette innovation en la décrivant comme inutile, encombrante et trop voyeuriste. Depuis, Facebook a évolué en proposant plusieurs innovations (qui ont pu déplaire) mais ce réseau social a aussi permis de générer beaucoup de créations « sauvages », celles-ci se fondaient sur les données d’un compte pour créer une interface différente ou activer un contenu innovant. Certes, cela induit une grande créativité de la part des utilisateurs mais elle peut connoter une lassitude vis-à-vis de la plateforme telle qu’elle est et des fonctionnalités qu’elle propose à ses utilisateurs.

Un bon exemple qui ne date pas trop est Faceworld 3D, une application créée par Timothy Grover et qui permettait, une fois connecté avec son compte, de matérialiser un monde à partir du contenu présent sur son mur et d’y naviguer. Une sorte de web-visualisation sympa à regarder pendant à peu près 15 secondes et dont on se lasse assez rapidement.

Faceworld - webVisualisation des contenus Facebook

Faceworld – webVisualisation des contenus Facebook

Mais Facebook, possède encore une sacrée carte à jouer. Le fait est que personne ne sait comment utiliser Facebook et énormément de pratiques peuvent être identifiées. Au niveau comportemental, sur un réseau social comme Twitter ou Instagram, les règles du jeu sont clairement définies et l’utilité du contenu diffusé entre en cohérence avec les autres utilisateurs. Pour le premier, on poste des messages de 140 caractères relevant de son humeur du moment, une information actuelle ou autre, et pour le second,  on utilise Instagram pour diffuser des photos avec des filtres sympas. Par contre formuler le même type de phrase pour l’utilisation de Facebook s’avère beaucoup plus compliqué.  Le promesse est « connecter les utilisateurs où qu’ils soient » pendant 10 ans Facebook a réellement concrétisé cette promesse (la preuve ici), mais l’enjeu des dix prochaines années est de répondre au « so what ? ». Pourquoi les connecter ? Qu’est-ce que cette connexion leur apporte ? Et pourquoi se connecter via Facebook plutôt qu’une autre plateforme ?

Le vrai enjeu est d’écouter et d’observer l’utilisateur de Facebook, le rassurer quant à l’exploitation de ses données personnelles, et le familiariser avec une consommation inédite du réseau social.

La prochaine innovation majeure de Facebook, son Graph Search.

La prochaine innovation majeure de Facebook, son Graph Search.

La mutation se met déjà en place…

On peut effectivement se dire que la mutation de Facebook prends du temps. L’implantation sur smartphone avait déjà pris beaucoup de temps pour un réseau social qui se veut aujourd’hui être « mobile first » (à lire l’interview de Mark Zuckerberg dans le Bloomberg Businessweek ici). Les innovations doivent se succéder, sans pour autant perdre son utilisateur, mais les réseaux sociaux plus récents (Vine, Snapchat, j’en passe et des meilleurs…) ont littéralement bouleversé les attentes et les pratiques des utilisateurs. L’idée n’est pas de rendre Facebook hyper compliqué en faisant un mash-up de toutes les fonctionnalités présentes sur les autres réseaux sociaux. Mais il faut s’en servir pour donner de l’impulsion, de l’élan et de rendre à Facebook ses lettres de noblesse. Il s’agit du site le plus visité au monde ! Même si cela fait 10 ans qu’il existe il possède toujours un très grand nombre d’utilisateurs actifs. Facebook est loin d’être mort… Le taux d’engagement est fluctuant chez les utilisateurs quelque soit le réseau social. Cependant, Mark a intérêt à se bouger s’il ne veut pas qu’une diaspora d’utilisateurs s’organise vers Google+ (ce qui est évidemment mon cas…).

J’aime à dire que Facebook est la victime et le juge à la fois. Si la chute de ce réseau social est avérée en 2017 c’est tout simplement que Mark et sa team l’aura provoquée…

Bref, je n’ai aucun doute sur le potentiel d’innovation que Facebook possède encore. D’ailleurs plusieurs innovations sont déjà apparues :

Le Facebook Studio : qui permet d’élire les projets les plus innovants.

Le Facebook Live  présente des vidéos d’événements phares du réseau social (similaire à Google Hangouts).

Le Facebook Developers est une plateforme dédiée aux développeurs, on parle : lignes de codes, SDK… tout un jargon très spécialisé qui ferait peur à tout utilisateur peu familier avec ce dialecte exotique.

Pour terminer cet article, (parce qu’il faut bien une fin et que tu ailles observer ton Feed) je dirais que finalement pour survivre Facebook ne doit plus être un simple réseau social qui lie les utilisateurs avec ses amis… Sa mutation s’opère clairement et différents supports viennent agrémenter et enrichir l’expérience de l’utilisateur. Facebook va s’émanciper de sa simple condition de réseau social et littéralement devenir un compagnon digital. L’arrivée future du Graph Search va réellement concrétiser cela et la volonté affichée de racheter DeepMind, une startup spécialisée dans l’intelligence artificielle (finalement rachetée par Google) démontre clairement cela. En gros, Facebook veut devenir un SIRI amélioré qui t’indiquera ce que tes amis font, ou ont testé, et où tu pourrais les rejoindre.

Alors, calme-toi. Respire. Facebook t’entends. Oui, oui toi aussi !

@SHAHADHarith

1 Comment

  1. Anaïs VEG

    Bon article Harith et HB à Boubouk

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